Eglise catholique au Togo : blog d'un prêtre de Lomé !

Dieu ne connaît pas le CFA ni l’Euro ni le dollar !

Commentaire de Luc 21, 1-4 :
Dieu ne connaît pas le CFA ni l’Euro ni le dollar !


Le Togo et la Ghana sont deux pays voisins ayant des monnaies différentes : respectivement CFA et Cedi. Tout voyageur avisé qui est en train de passer d’une zone monétaire à une autre, échange sa liquidité avant de traverser la frontière (jusqu’alors beaucoup voyagent en ayant l’argent sur eux). Et le Ghanéen qui va au Togo avec des Cedis aura du mal à faire ses achats et vis-versa. De même quand une personne fait le transfert d’un montant chiffré  en Euro ou Dollar à quelqu’un au Togo, par exemple, le montant sera généralement remis converti en CFA.

 

Il est donc clair que chaque région monétaire a sa monnaie et que pour y être à l’aise, il faut s’en procurer. Et Dieu quelle monnaie utilise-t-il ? Le CFA, le Cedi, le Dollar, l’Euro, le Naira, le Yen ? Non, Dieu ne connaît aucune de ces monnaies. C’est ce qui fait que, dans l’Evangile, deux piécettes d’argent  arrivent à avoir plus de valeur que des liasses de billets aux yeux du Christ. Si Jésus réfléchissait en CFA ou toute autre monnaie usuelle, il n’aurait pas pu faire cette erreur de calcul et d’appréciation !

 

Alors dis-nous Jésus, quelle monnaie tu connais ? Quelle est la monnaie de Dieu ? La monnaie de Dieu s’appelle LOVE ou AMOUR. Et deux piécettes LOVE, comme celles de la veuve de l’Evangile, valent milles fois toutes les liasses de billets de CFA, cedi, Euro, etc.

 

La veuve a donné tout ce qu’elle avait pour vivre, elle s’est ainsi donnée elle-même. La veuve a fait de sa vie, une offrande d’amour qu’elle a présenté à son Dieu. Et le Christ qui va bientôt donner sa vie pour les hommes ne peut rester indifférent à un si illustre acte d’amour : Elle a mis plus que tout le monde car il n’y a de plus grand amour que de donner sa vie.

 

Imaginons cette veuve : elle s’avance toute humble, toute simple, sans orgueil puisqu’elle se sait pauvre aux yeux des hommes ; dans sa main, deux piécettes qu’elle serre puisqu’elles sont tout ce qu’elle a pour vivre ; elle arrive enfin au tronc des offrandes et ses pensées vont à ses enfants – pauvres orphelins – qu’elle sacrifie également en déposant les deux piécette dans le tronc ; elle va jusqu’au bout de son acte de donation totale, d’abandon confiant à Dieu ; et voilà que Dieu qui sonde le cœur et les reins  agrée son offrande et la fait entrer dans sa faveur divine. Ainsi la veuve qui devait mourir parce qu’elle a pris le risque de donner tout ce qu’elle avait pour vivre, ne meurt pas ; elle vit désormais de la vie de Dieu.

 

Contrairement à d’autres passages évangéliques, celui-ci ne loue pas la pauvreté ni ne blâme la richesse, il se contente d’indiquer que l’offrande qui plaît à Dieu, qu’elle vienne du riche ou du pauvre, est l’offrande du cœur. En effet, tout acte, toute offrande (un temps donné, l’argent cotisé, un service rendu, un renoncement, un sacrifice, …) n’a de valeur que par rapport à l’amour qui le fait naître et non par rapport aux normes humaines et matérialistes. Prenons toujours le temps de nous posons la question : à combien de LOVE, mon offrande, mon sacrifice, mon acte correspond ?

 

Ainsi pour donner à Dieu et pour aider nos prochains (par notre temps, notre avoir, notre intelligence, notre force,…), n’écoutons pas notre raison mais laissons plutôt notre cœur parler !

 

Romain Séménou,

Lomé, le 27-11-2012



27/11/2012
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