Eglise catholique au Togo : blog d'un prêtre de Lomé !

Sers le Christ et ta vie sera prospère !

Servons le Christ dans l’abandon total


Introduction


Pour introduire, rappelons en langage simple le sens des termes contenus dans le thème :

  • Servir : vouer ses actions, ses efforts à ; travailler pour la cause, l’intérêt de
  • Le Christ : il s’agit bien évidemment du Fils de Dieu que chacun peut définir selon l’expérience personnelle qu’il a faite de Lui
  • Abandon : (dans notre contexte) confiance sans réserve, action de se mettre à la disposition de quelqu’un en renonçant soi-même à quelque chose
  • Total : considéré dans son ensemble ou dans son intégrité sans restriction

 

  1. 1.      Servir le Christ comme action

Les mots servir, service sont fréquents dans le langage chrétien, tous nous voulons servir et nous le clamons volontiers à qui veut l’entendre. Et il est vrai que les chrétiens sont au service du Christ, de l’Eglise et de leurs frères et sœurs chrétiens ou non. Dans cette partie nous allons réfléchir sur le service du Christ dans ses manifestations concrètes comme action visible. Nous répondrons d’une certaine manière à la question : comment sert-on le Christ ?


1.1.            Servir le Christ comme service d’Eglise et en Eglise


L’Eglise est le peuple de Dieu, une communauté structurée avec divers ministères et services. Ainsi les membres de l’Eglise remplissent des fonctions soit de manière stable et public (services d’Eglise : catéchiste, lecteur, fideicustos, servant de messe, choriste,…), soit de manière spontanée et anonyme (services en Eglise : disponibilité et réponse favorable aux diverses sollicitations de service communautaire, propreté de la paroisse, participation à l’achat des ornements, menus service rendus dans l’anonymat, …). L’accomplissement de ces diverses fonctions ou tâches sont des occasions de servir le Christ. S’il en est ainsi, nous gagnerons à soigner la manière et l’état d’esprit dans lequel nous rendons service en Eglise. En effet le Christ nous demandera : pourquoi as-tu refusé de me servir ou pourquoi me sers-tu si mal ? Et nous répondrons : quand Seigneur ai-je refusé de te servir ou quand t’ai-je mal servi ? Le Christ répondra : chaque fois que tu as refusé de rendre service ou que tu as mal servi sur ta paroisse, c’est envers moi que tu te comportais ainsi.


1.2.            Servir le Christ comme service du prochain


Saint Jean l’apôtre penché sur le cœur de Jésus nous avertit : comment pouvez-vous dire que vous aimez Dieu que vous ne voyez pas quand vous n’aimez pas votre frère (ou sœur) qui est à côté de vous (cf. 1 Jn 4, 20)? Dans l’économie de notre thème la question serait : comment pouvons-nous prétendre servir le Christ qui n’a point besoin de nos services s’il nous est difficile voire impossible de rendre service à nos frères et sœurs qui nous le demandent d’une manière ou d’une autre ? De plus le Christ que nous désirons tant servir nous avertit : ce que vous faites à l’un de ces petits/pauvres, c’est à moi que vous le faites(cf. Mt 25, 40). Il est alors évident que servir le Christ, c’est servir l’homme ; servir le Christ, c’est servir le pauvre, le faible que le monde rejette et marginalise.

  1. 2.      Servir le Christ comme contemplation

Connaissez-vous sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face? Thérèse est entrée au couvent des carmélites de Lisieux à 15 ans et est morte à 24 ans. Elle ne sortait pas de son couvent et elle n’est jamais allée en mission. Cependant, canonisée, elle est la patronne des missions étrangères. Une moniale, patronne des missions ?  Oui c’est bien vrai ! En effet dans la simplicité de sa courte vie de carmélite, Sainte Thérèse a mis sa prière et ses croix quotidiennes au service de la mission. Aussi servir ne veut-il pas exclusivement dire agir et action mais aussi prier et contempler le Christ.


2.1.            Servir le Christ comme vie de prière


Pour servir et bien servir, il faut avoir de l’énergie. Prenons un exemple : quand les maçons vont couler la dalle d’une maison, le propriétaire ou l’entrepreneur leur prépare un repas copieux, avant ils se contentaient d’un seul tour d’haricot mais maintenant il faut un premier tour d’haricot le matin et vers midi, si le dallage continue il faut un second tour de pâte et /ou riz.


Nous les chrétiens, la dalle que nous coulons, c’est le service du Christ ; notre plat d’haricot, c’est l’Eucharistie ; notre plat de pâte, c’est l’adoration du Très Saint Sacrement ; notre plat de riz, ce sont – comme des grains à assembler – les diverses dévotions pieuses notamment le chapelet. Alors prenons le temps de manger régulièrement et en quantité suffisante avant de commencer et de poursuivre le dallage, c’est-à-dire le service.


2.2.            Servir le Christ comme vie de conversion


J’ai reçu un matin la visite d’un ami qui voulait bien s’offrir le loisir d’un bon plat de kom (pate de maïs salé à la togolaise). J’ai donc envoyé ma nièce de 9 ans le lui acheter chez une dame à deux minutes de notre maison. Ma nièce est revenu 20 minutes plus tard et surpris je lui demande avec un ton circonstanciel : komdéka ola plé lé founoukpoayéwoan ? (éwé : pourquoi t’as mis si du temps ?) Elle m’a répondu : atavi (oncle) je suis allé ailleurs, je n’ai pas acheté chez la dame d’à côté, parce qu’elle n’est pas propre. Si la petite fille de 9 a pu faire une telle analyse, ne nous leurrons pas en croyant que le Christ s’en fout de savoir si la main qui le sert est propre ou sale. Il est vrai que le Christ est indulgent et miséricordieux mais il voudrait tellement nous voir avec un tablier propre, les mains bien lavées, les cheveux bien soignés quand nous le servons. Prenons régulièrement une douche, c’est-à-dire le sacrement de confession, afin de ne pas indisposer le Christ quand nous le servons. Lavons souvent notre tenue de service et réparons ses déchirures pour que le Christ ait un visage souriant quand nous le servons ; pour ce faire faisons régulièrement notre examen de conscience et prenons des résolutions pratiques et simples pour nous convertir à petit pas.

  1. 3.      Servir dans l’abandon total

Jusqu’alors aucune mention n’a été faite à l’idée d’abandon total. C’est à dessein. En effet avant de servir le Christ dans l’abandon total, il faut d’abord se mettre à le servir, ce faisant, on prend goût à son service et on envisage alors le servir un peu plus, toujours plus et on finit par le servir dans l’abandon total.

 

3.1.            Servir avec tous nos sens


Servir dans l’abandon total, c’est mettre tous nos cinq sens au service du Christ. Dans une de ses chansons, Jean Claude Gianaddaa si bien exprimé cette réalité : cueillons les fleurs de l’espérance, chacun  de nous est une chance là où il est, là où il vit. Certains disent que Dieu est devenu aveugle, mais c’est avec nos yeux qu’il regarde aujourd’hui, certains disent que Dieu est devenu muet, mais c’est avec notre bouche qu’il parle aujourd’hui, certains disent que Dieu est devenu manchot, mais c’est avec nos mains qu’il peut toucher aujourd’hui, ainsi de suite.

Mettre nos sens au service du Christ, c’est réagir devant chaque situation de détresse comme si c’est le Christ qui était là, c’est faire tout et tout pour que le nom du Christ soit glorifié.


3.2. Du service à l’amitié


Servir le Christ, c’est bien ; le servir dans l’abandon total, c’est mieux mais il y a toujours une insuffisance, un manque.  « Je ne vous appelle plus serviteur mais mes amis » (cf. Jn 15, 15) dit Jésus. Oui il nous faut passer du rang de serviteur à celui d’ami qui implique liberté et amour. Le serviteur sert son maître parce qu’il veut garantir son salaire, son pain quotidien tandis que l’ami est librement au petit soin de son ami parce qu’il aime.


Pour réellement servir le Christ dans l’abandon total, il nous faut d’abord avoir une confiance totale au Christ. Et une telle confiance ne peut exister qu’entre des amis, elle est presqu’impossible entre serviteur et maître à moins qu’ils soient des amis qui s’ignorent.


Conclusion


L’image auquel m’a toujours renvoyé l’idée d’abandon total est celle d’un parachutiste qui saute d’un avion puis ouvre son parachute, plane un temps et enfin se pose au sol : le parachutiste s’abandonne totalement à son parachute. Et si une fois en l’air, le parachute ne s’ouvrait pas ? Voilà la question que le parachutiste ne se pose plus quand il est sur le point de sauter.


Jeunes, nous avons notre lot de soucis. Pour certains, c’est de trouver une âme sœur pour le mariage ou un travail pour vivre épanoui ; pour d’autres, c’est de découvrir le sens de leur vie, leur vocation ; chacun à sa préoccupation qu’il connaît et tous nous avons un rêve que nous couvons. Alors nous sommes partagés entre notre désir de servir le Christ dans l’abandon total et la lutte pour la réalisation de nos rêves, de nos préoccupations. Nous sommes tentés de nous poser cette question : si je sers le Christ dans l’abandon total, quand  trouverai-je le temps pour le temps pour réaliser mes projets ? Ou pire il nous arrive de sombrer dans la présomption : comment le Christ que je sers dans l’abandon total me laisse-t-il sans travail ? Comment peut-il permettre que je ne trouve pas de mari ou de femme ? Les comment et les pourquoi s’accumulent sans réponses. Arrêtons de gaspiller nos énergies, abandonnons-nous totalement au Christ sans poser de question à l’instar du parachutiste et l’avenir nous sourira.


Que Dieu vous bénisse !

 

Romain Séménou, diacre

Lomé, le 09/03/2012



09/03/2012
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