Eglise catholique au Togo : blog d'un prêtre de Lomé !

L’histoire se répète : le don du Fils unique !

Homélie du 2ème dimanche de carême, année B : Gn 22, 1…18 ; Ps 115 ; RM 8, 31b-34 ; Mc 9, 2-10

 

L’histoire se répète : le don du Fils unique !

 

« L’histoire se répète », c’est une expression qu’on entend souvent ou que l’on prononce quand une situation semble être déjà vécue ou lorsqu’un événement de la vie nous rattrape. Dans la première lecture, Abraham accepte courageusement et dans la foi de donner la vie de son Fils unique, bien aimé à Dieu qui la demande. Et Paul, dans sa confession de foi, rappelle aux Romains que Dieu n’a pas refusé de livrer son propre Fils, unique et bien aimé, comme le précise l’Evangile, pour nous les hommes : l’histoire se répète alors.


Oui l’histoire se répète ! Cependant Dieu s’est contenté de la foi et de la volonté d’obéir d’Abraham, Dieu ne voulait donc pas un sacrifice de sang mais bien au contraire une offrande faite de foi et d’obéissance : l’obéissance vaut mieux que les sacrifices (cf.). Toutefois pour que nous, les fils adoptifs, nous vivions, Dieu n’a pas épargné la vie de son Fils Unique.

 

Jésus Christ, le Fils bien aimé du Père est mort pour que nous vivions, pour que nous connaissions le vrai bonheur, pour que nous goûtions la liberté des enfants de Dieu. Le Père a donné la vie du Fils pour que nous ayons le tout de Dieu dont parle Saint Paul.

 

En ce temps de carême, posons-nous quelques questions : suis-je en train de vivre en Fils de Dieu ? Ma vie est-elle digne d’une vie rachetée au prix du sang du Fils de Dieu ? Mes choix, les actes que je pose me permettent-ils de goûter à la liberté des enfants de Dieu ? Est-ce que je connais le vrai bonheur ?

 

Cela revient concrètement à prendre la résolution de rompre avec tout ce qui nous lie au mal (mauvaises compagnies, loisirs malsains, pratiques divinatoires : nukaka, les recherches de protection de tous genres : éti, assiyo, afan), de briser toutes les chaînes de péché qui font de nous de véritables esclaves (vol ou corruption, mensonge, adultère ou fornication,).

 

Et si Jésus est mort et ressuscité pour que nous vivions dans la liberté et le bonheur, nous devons nous demander, en ce temps de carême, si nous donnons assez de notre temps, de notre avoir (argent, propriétés diverses), de notre intelligence pour offrir à nos prochain une vie meilleure : suis-je sensible aux malheurs d’autrui ? Quelle attention je porte à mes frères et sœurs ?

 

L’aumône, la charité est une voie sûre et facile de conversion et de sanctification. En effet, il est pénible à l’homme de rompre avec ses vices, ses péchés mignons, ses habitudes mauvaises – l’habitude est une seconde nature. Nous prenons souvent de bonnes résolutions d’arrêter telle habitude, de nous libérer de tel vice mais combien tiennent la route et parviennent à un résultat convenable ?

 

Le juste pèche sept fois dit le psalmiste mais il est juste parce que son amour pour Dieu et les hommes est plus grand que ses péchés. Ainsi au lieu de penser et de travailler à éviter le péché, mettons plutôt et en premier lieu toutes nos énergies à aimer Dieu et nos frères par des gestes et des paroles concrètes.

 

L’exercice de la charité, l’aumône, qui n’implique pas forcément d’avoir de grands biens, nous met en contact avec une puissance plus forte que celle du péché, l’amour. En donnant de notre temps, de notre argent, de notre intelligence, de notre attention aimante pour rendre nos frères et sœurs un peu plus heureux et épanouis, nous manquerons sûrement de temps, d’argent, d’intelligence, d’attention soutenue pour planifier et commettre le péché. Ce que nous investissons pour nos prochains portera toujours des bénéfices de grâces qui nous soutiendront dans notre marche de conversion.

 

Enfin prions le Christ de nous donner de découvrir le temps de carême comme une occasion de monter sur la montagne de Dieu, à l’instar d’Abraham, pour lui offrir des signes évidents de notre foi et notre volonté de lui obéir qui passent par un vie de conversion. Que ce temps de carême soit également pour chacun de nous le moment de se mettre à la suite de Jésus, comme Pierre, Jacques et Jean, par une vie de prière, de pénitence et d’aumône qui ferra de nous des hommes transfigurés, des chrétiens renouvelés à Pâques.

 

Amen

 

Romain Séménou, diacre

Lomé, le 01-03-2012



02/03/2012
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