Eglise catholique au Togo : blog d'un prêtre de Lomé !

L'ORDRE

INTRODUCTION

 

Des sept sacrements de l’Eglise, celui de l’Ordre a ceci de particulier avec le mariage qu’il n’est pas, de soi directement ordonné à la sanctification personnelle de celui qui le reçoit mais qu’il est nécessaire d’abord à la sanctification du peuple de Dieu. Des questions comme la théologie des mystères dans un contexte œcuménique, le célibat des prêtres et toutes les questions qui tournent autour, les relents de féminisme qui buttent sur le refus de l’ordination des femmes…  et bien d’autres encore sont des occasions qui mettent souvent le sacrement de l’Ordre  au premier chapitre de l’actualité.

Mais théologiquement, les grandes questions sont ailleurs. Car en fait dans l’économie de la Nouvelle Alliance, seul le Christ  est prêtre. D’autre part, l’Ecriture affirme sans détour que tous les fidèles sont prêtres. De toute façon, et par conséquent, il semble exclu qu’il ait un sacrement à part pour faire des membres du peuple sacerdotal, des prêtres à l’exclusion des autres. D’autre part, comment concilier le fait que le sacerdoce hiérarchique soit à la fois un service (de l’Eglise et du Peuple de Dieu) et un pouvoir, une  vocation et une fonction.

Sans prétendre à l’exhaustivité, notre exposé essaiera à travers une investigation anthologique, biblique, et historico-doctrinale, d’aborder ces questions théologiquement épineuses, de donner le point de vue de la doctrine pérenne et constante de l’Eglise.

 

I ère PARTIE : APPROCHE ANTHROPOLOGIQUE ET  BIBLIQUE

 

  1. 1.       ASPECTS ANTHROPOLOGIQUES

 

1.1. Origine du sacerdoce 

 

L’homme à la différence de l’animal, est un producteur de religions. En effet, la question essentielle qui donnera lieu à l’apparition de diverses religions résidait dans les moyens dont on disposait pour passer d’un monde à l’autre, pour relier le profane et le sacré, et pour tenter d’exercer un pouvoir sur l’autre afin d’en obtenir les bienfaits ou d’en conjurer les maléfices. Ainsi, l’homme éprouve le besoin de référer son expérience à des invisibles que rites et mythes chercheront à rendre visible partiellement par l’exercice du sacerdoce.

Toutes les religions comportent des rites, des cérémonies, une liturgie plus ou moins réglée. Ces rites, cérémonies et mythes constituent essentiellement le sacré dont les prêtres en général sont spécialistes et organisateurs. Il n’est guère de religion qui ne connaisse le sacerdoce, l’institution de personnes spécialement destinées à servir d’intermédiaire entre leurs semblables et la divinité. Et c’est particulièrement dans le sacrifice qu’apparaît cette fonction d’intermédiaire. Cette spécialisation implique une mise à part qui peut d’ailleurs se renforcer à titre temporaire ou acquérir un caractère définitif par l’adoption de comportements (modes de vie, régime alimentaire, célibat) qui signifient aux yeux de tous la distanciation d’avec les activités mondaines ou profanes. C’est pourquoi les spécialistes du sacré, autrement dit les prêtres s’impliquent plus ou moins personnellement dans les démarches qu’ils doivent accomplir, notamment offrir des dons sur l’autel, procéder au sacrifice d’animaux etc.

 

1.2. Les fonctions essentielles du sacerdoce

 

Le sacerdoce est proprement la fonction du prêtre. Mais les fonctions du sacerdoce peuvent se ramener à deux : révélation et intercession. La première fonction est semblable à ce qu’on pourrait appeler un « magistère » de qui on attend la transmission d’un savoir. Aux prêtres, appartient la mission de révéler le sens des mythes et des récits fondateurs de la communauté, de dévoiler à travers des médiations rituelles (auspice, augure) le sens des événements, de garantir la tradition et réprimer les comportements qui s’en seraient écartés. Comme tel les prêtres sont  organisateurs de culte ou la communauté rassemblée se nourrit selon ses origines, se retrouve dans  son identité et s’oriente vers son attente. Par leur statut de médiateur, ils assurent un rôle central en matière de rite et défendent la fidélité à la tradition religieuse.

La seconde fonction, non moins essentielle, est d’assurer le rôle  d’intermédiaire, de médiateur ou d’intercesseur entre Dieu ou les divinités et les communautés dont ils sont censés être les protecteurs. Les prêtres comme médiateurs représentent  le peuple devant les divinités et ils unissent ainsi le divin et l’humain. Ainsi, leur principale  fonction est d’offrir le sacrifice à la divinité, de lui consacrer efficacement et symboliquement les offrandes. Ils opèrent la conciliation sacrificielle et propitiatoire avec les forces de la  nature et les divinités. Par ailleurs, parce qu’ils participent du domaine du sacré, les prêtres sont susceptibles d’appeler ou de provoquer sous de diverses formes une manifestation du divin, une hiérophanie.

 Les prêtres  sont aussi présents à tous les grands moments de l’existence, tant de la communauté que des individus : la naissance, les rites d’initiation des jeunes, les rites du mariage etc.

Traditionnellement le  prêtre est considéré comme un fonctionnaire cultuel, technicien du rite (spécialement du rite sacrificiel), président ou délégué de la communauté, serviteur et témoin des forces transcendantes, médiateur de bénédictions et de grâces.

 

2.       FONDEMENTS BIBLIQUES

 

2-1 L’Ancien Testament

  

Dans l’Ancien Testament, pour réaliser son dessein sur l’humanité, Dieu se sert d’hommes qu’il choisit. La notion de prêtre apparaît déjà chez les patriarches qui voulant rendre un culte à Dieu construisent eux-mêmes des autels et y offrent le sacrifice, ils érigent des stèles pour y verser de l’huile et ils président des repas sacrés.[1] De Moïse à l’exil, nous pouvons remarquer que le sacerdoce lévitique est d’origine mosaïque. En effet les fonctions sacerdotales attribuées à Moïse (consultation de Dieu au nom du peuple : Ex 18,15-16 ; manipulation du sang des sacrifices : Ex 24,6-8 )suffisent à vérifier que Moïse fut le premier lévite israélite.

            A côté du sacerdoce lévitique qui était héréditaire, apparaît un sacerdoce naturel qui appartenait de droit à quiconque était chef d’un groupement. Ainsi à l’époque  des juges, Gédéon (Jg 6,18-27), Manoah  père de Samson (Jg 13,19) offrent des sacrifices comme les patriarches et comme le feront encore les rois.

La chute de Jérusalem en 586 avec la destruction de l’Etat et du temple ouvrit à de nombreux prêtres la route de l’exil. En déportation, le prêtre privé de son rôle sacrificiel devint celui qui guide la prière des synagogues et qui enseigne.

Le siècle qui suivit le retour de l’exil (583)laisse entrevoir la théocratie cléricale. Le grand prêtre contrôlera seul le sanctuaire et ses dépendances, les exigences d’émancipation par rapport au pouvoir politique pour lesquelles Ezékiel avait lutté sont ici entérinées. De plus le grand prêtre aura accès aux fonctions de médiation des anges (Cf.Ma 2,7) et entrera ainsi dans l’intimité de Dieu.

Bref dans l’Ancien Testament, qu’est-ce qu’un prêtre ?

Le sacerdoce est un don de Dieu, confié à Aaron et à ses fils. Leur fonction essentielle est de servir (Cf. Ex 28, 35), œuvrer, s’approcher de Dieu, entrer en sa présence. Autant de termes techniques qui nous orientent vers la fonction cultuelle. En vue de cette fonction, les prêtres sont  consacrés (cf. 28,3) c’est-à-dire mis à part et rendus capables d’accès au sacré. Le grand prêtre porte même au front, l’inscription « consacrés à Yahvé ». Cette consécration rituelle et morale a besoin d’être remise en état : les prêtres doivent porter l’iniquité de leur sacerdoce c’est-à-dire expier leurs fautes par des sacrifices appropriés. La fonction principale du prêtre se situe à l’autel. Le culte est un hommage à Dieu et le prêtre est le médiateur de l’homme à Dieu. Le culte est ainsi une entreprise de sainteté et le prêtre assure pour Israël, « l’état d’alliance ».

Le judaïsme a attendu un prêtre idéal pour la fin des temps et l’a attendu en contraste avec le grand prêtre empirique.

Nous retrouvons donc le Christ vers lequel s’orientait toute l’Ancienne Alliance (Cf. CEC n° 1540). Le moment décisif de sa vie le met précisément en contact avec le grand prêtre Kaïphe qui l’interroge sur sa dignité (Cf. Mc 14,61). Face au grand prêtre, il affirme que son sacerdoce n’est pas de ce monde, qu’il sera à la droite de Dieu, en tant que Roi-prêtre selon l’ordre de Melchisédech.

 

2.2- Nouveau  Testament[2]

 

            Après le sacerdoce de l’Ancien Testament, succède celui du Nouveau Testament. Nous ferons ici une étude systématique des écrits du Nouveau Testament.

 

2.2.1. Les évangiles

 

            Dans les évangiles, Jésus lui-même ne s’est  jamais attribué le nom de prêtre. Pourtant il utilise pour définir sa mission des termes sacerdotaux. Il parle de sa mort, cette mort qu’on lui inflige, il l’accepte, il s’offre lui-même comme le Prêtre offre la victime. Bref, il est prêtre de son propre sacrifice.

Une autre tradition évangélique suggère un  rapport entre la mort de Jésus et un rite sacrificiel. Il s’agit du rite de la Cène. Dans ses paroles, une expression comporte un sens sacrificiel indéniable, car elle unit le mot « sang » et « Alliance » (Mt 14, 1. 12-16, Lc 22,1. 7-13).    

 Le texte le plus suggestif pour la christologie sacerdotale est sans doute celui de la  conclusion  de  Luc. Jésus y est présenté dans une attitude typiquement sacerdotale, celle de lever les mains pour bénir. Aussi dans le geste du lavement des pied, Jésus a donné la signification profonde de son ministère  dans l ‘Eglise (Jn 13,1-20).

 

2.2.2. Les Actes des Apôtres

 

Ils présentent  la mort de Jésus comme l’acte suprême de sa liberté, le sacrifice par excellence, l’acte proprement sacerdotal qu’il a offert de lui-même. Ils présentent également la mort de Jésus comme le sacrifice du serviteur (Ac 3, 13-26). Mais ils ne le disent jamais prêtre.

 

2.2.3. Les Ecrits de Paul et de Jean

 

Pour Paul et Jean, la mort de Jésus est un sacrifice par excellence qu’ils présentent comme sacrifice  de l’agneau  (1 Jn 1,7). Jean quant à lui décrit Jésus en Vêtement Pontifical ( Jn 19,23 ; Ap 1, 13) et le récit de sa passion sacrificielle s’ouvre par la prière sacerdotale (Jn 17).

 

2.2.4. L’Epître aux Hébreux

 

            De tous les écrits du Nouveau Testament, seul l’Epître aux Hébreux  explicite à loisir le sacerdoce du Christ. Elle présente la croix comme sacrifice d’expiation (He 9, 1-14) sacrifice de l’Alliance (He 9, 18-24), sacrifice du serviteur (He 9,28). Mais elle concentre son attention sur le rôle personnel du Christ dans l’offrande de ce sacrifice. Son sacrifice était préfiguré dans celui de Melchisédech (Gn 14, 18 ss) conformément à l’oracle du psaume 110, 4.

Jésus est le Prêtre Saint, innocent et immaculé (He 7, 26) qui, «  par une oblation unique a rendu parfait pour toujours ceux qu’il sanctifie » (He 10, 14). Ainsi il achève la succession du sacerdoce de l’Ancienne Alliance. Son sacerdoce s’enracine dans son être même qui le fait Médiateur par excellence : à la fois vrai Homme et vrai Dieu.

En héritant des valeurs du sacerdoce lévitique, Jésus les dépasse totalement. Il est le Prêtre Parfait, Unique et définitif. En lui, réside la plénitude du sacerdoce et sa valeur  à jamais.

 

2.2.5. Les ministres du sacerdoce de Jésus

 

            Jésus appelle chacun des siens à prendre part aux fonctions sacerdotales. Les apôtres vont prolonger cette pensée du  Christ. Après avoir pratiqué toute sa vie le culte juif, Jésus annonce la ruine du Temple, la fin de son culte et de son sacerdoce.

 Dans son peuple qui va naître, Il laisse entrevoir l’avènement du culte nouveau dont Il est prêtre. Alors Il choisit douze apôtres à qui Il donna l’autorisation de participer à son autorité ( Lc 22,28-30). Au dernier jour, Il leur confia l’Eucharistie ( Lc 22, 19). C’est la participation spécifique de son sacerdoce.

            Les apôtres transmirent à d’autres leur charge et leurs pouvoirs sacerdotaux. Les Actes des Apôtres nous rapportent l’élection et l’institution des sept hommes à qui devait être remis le soin du service des pauvres. Ce sont les sept premiers diacres de l’Eglise.

Le chapitre 14, 23 toujours des Actes des Apôtres, raconte l’institution des presbytres qui sont des chefs officiellement nommés de la communauté. A eux, il incombait la proclamation de la   doctrine, le soin  du service divin et la surveillance de la discipline. Leur installation se faisait par imposition des mains et c’est parmi eux qu’on désignait les épiscopes.

Bref, il est donc certain que les apôtres ont eu l’idée et la volonté de conférer ce sacerdoce de second rang aux sujets choisis par eux-mêmes.

 

II è PARTIE : EVOLUTION HISTORIQUE

 

  1. 1.   LES DONNEES PASTRISTIQUES

 

1.1. La patristique pré-nicéenne

 

Nous pouvons regrouper la réflexion des père autour de trois grands thèmes : les degrés de l’ordre, l’acte d’ordination, le ministre et le sujet.

 

1.1.1 Les degrés de l’Ordre

 

Clément de Rome, dans la lettre aux Corinthiens, parle de l’institution d’évêques et de diacres par les apôtres eux-mêmes. Ce faisant, les apôtres agissaient sur l’ordre de Jésus Christ et donc de Dieu lui-même.

Ainsi, comme Paul en Ph 1,1, Clément nomme aussi deux groupes de chefs ecclésiastiques : les évêques qui gouvernent la communauté et les diacres, leurs collaborateurs.

Comme Clément, la Diadachè parle aussi d’évêques et de diacres dont la charge est principalement d’accomplir la liturgie.

Ignace d’Antioche nous signale, à travers ses lettres, qu’à la tête des Eglises d’Asie Mineure auxquelles il écrit, il y avait un évêque monarchique ayant en main toute la conduite de l’Eglise. Représentant de l’Eglise, garant de son unité de discipline, de culte et de doctrine, il est secondé par un collège de presbytres auquel s’ajoute un troisième degré, les diacres. L’évêque préside à la place de Dieu, les presbytres à la place du conseil des apôtres et aux diacres est confié le service de Jésus Christ. Ignace ne dit rien de l’origine de ces trois fonctions ecclésiastiques ni de la manière dont elles sont conférées.

Le Pasteur d’Hermas, dont le témoignage est souvent difficile à comprendre à cause de son genre littéraire spécial et du caractère composite de l’œuvre, laisse aussi entrevoir l’organisation ecclésiastique en trois degrés : les presbytres qui sont désignés comme des recteurs d’église, les évêques auxquels est attribué le soin des nécessiteux et des veuves ainsi qu’aux diacres en subordination aux évêques (Sim IX, 272). C’est peut-être le témoignage d’un épiscopat non encore monarchique comme chez Ignace.

Par contre, d’après le témoignage d’Irénée, il y aurait déjà un évêque monarchique à la tête de chaque église. Soulignant fortement la notion de succession apostolique, il voit en eux, les garants de la transmission authentique de la doctrine apostolique.

Par ailleurs, Clément d’Alexandrie, Origène, Tertullien et Hippolyte de Rome attestent, les trois degrés de la hiérarchie ecclésiastique (évêque, presbytres et diacre) et y voient une institution qui existaient dans toutes les Eglises chrétiennes.

Ainsi, à la fin du deuxième siècle, l’existence des trois degrés classiques de l’ordre était une réalité de fait même si la réalité est encore fort diversifiée d’une église à l’autre concernant surtout la figure et la charge de l’épiscope.

Au début du troisième siècle, tandis que l’architecture de la triade évêque-presbytre-diacre se met en place, apparaissent d’autres fonctions ecclésiastiques appelées degrés inférieurs : sous-diaconat, acolytat, exorcistat, lectorat et portier… qui existeront encore dans la pratique sacramentelle de l’Eglise jusqu’à la réforme de Paul VI.

 

1.1.2 L’acte d’ordination

 

Les écrits patristiques sont très avares et peu prodigues en information sur la manière dont on accédait aux ordres sacrés. Clément de Rome parle bien du fait de l’institution d’évêques et diacres par les apôtres mais ne dit pas le comment. La Didachè est tout aussi muet sur la forme que revêt la transmission des charges ecclésiastiques. On trouve chez Tertullien pour la première fois, les mots ordinatio, ordinare, mais il ne dit rien de la manière dont elle s’accomplit. C’est seulement la Tradition Apostolique, attribué à Hyppolite de Rome qui nous donne des détails à ce sujet.

« Qu’on ordonne comme évêque celui qui a été choisi par tout le peuple et qui est irréprochable. Lorsqu’on aura prononcé son nom et qu’il aura été agréé, le peuple se rassemblera avec le presbyterium et les évêques présents, le jour du dimanche. Du consentement de tous, que ceux-ci lui imposent les mains ».

Ainsi, l’ordination de l’évêque est précédée de l’élection par le peuple. Après élection et ratification par tous, le peuple se rassemble le dimanche avec le presbyterium et des évêques. Ces derniers imposent les mains au nouvel évêque avec l’accord de tous. Tous observent alors le silence et prient dans leur cœur pour faire descendre la grâce de l’Esprit Saint sur l’ordinand. Puis l’un des évêques impose la main à l’ordinand et récite une longue prière consécratoire avant la célébration eucharistique. Pour l’ordination d’un presbytre, c’est l’évêque et les presbytres présents qui impose la main avant la prière consécratoire dite par l’évêque. Pour signifier que le diacre est ordonné au service de l’évêque, seul celui-ci lui impose les mains. Pour établir un lecteur, l’évêque lui présente simplement le livre des Ecritures sans imposition de main.

Les effets de l’acte ordinatoire ressortent des prières consécratoires rapportées par la Traditio Apostolica pour la consécration des évêques, presbytres et diacres. Dans ces trois sortes de prières, on appelle sur l’ordinand la force de l’Esprit pour qu’il exerce convenablement les devoirs spirituels de sa charge. D’après ces indications, l’effet de l’imposition des mains et de la prière consécratoire consiste dans la communication d’un secours divin gracieux pour remplir fidèlement les charges et les devoirs du degré de l’ordre en question.

Le pape Corneille (251-253) dans sa lettre à l’évêque Fabien d’Antioche à propos de la consécration épiscopale de son rival Valens, et Cyprien attestent eux aussi que la charge sacerdotale était transmise par l’imposition des mains.

 

1.1.3 Le ministre et le sujet de l’ordination

 

D’après Clément de Rome, ce sont les apôtres eux-mêmes et après eux, « d’autres hommes considérés » qui ont institué les évêques et les diacres.

De toutes les façons, le témoignage d’Hyppolyte de Rome est clair : tous les ordres, qu’ils soient mineurs ou majeurs sont conférés par l’évêque et il insiste même sur le fait que l’imposition des mains des prêtres à leur confrère ordinand n’est qu’un geste symbolique car c’est seul l’évêque qui ordonne ; et il pose sans ambiguïté le principe selon lequel le prêtre n’ordonne pas de clerc.

La lettre de Corneille précitée laisse supposer qu’il fallait trois évêques au moins pour la consécration épiscopale tandis que le Synode d’Arles (514) en prescrit sept ou au moins trois. Le concile de Nicée prescrit qu’un évêque soit validement ordonné, il faut qu’il le soit devant tous les évêques de sa province ou le cas échéant en la présence de trois évêques moyennant l’accord écrit des évêques absents.

Comme sujets, on ne considère que des baptisés et des hommes. Ils étaient choisis par le clergé et le peuple parmi les membres de la communauté. A coté des ministres masculins, il y avait certes les diaconesses mais elles n’étaient pas chargées de fonction liturgique sinon de l’onction baptismale sur la personne des femmes uniquement pour raison de décence. La Traditio Apostolica insiste sur le fait qu’elles étaient nommées et non ordonnées puisqu’elles n’ont pas part à la liturgie et le 19ème canon du Concile de Nicée affirme qu’il faut les compter parmi les hérétiques puisqu’elles ne reçoivent pas l’imposition des mains.

 

1.2. La patristique post-nicéenne

 

1.2.1 Essai d’histoire.

 

Dans les écrits des pères post-nicéens, l’énumération des degrés de l’ordre mentionne régulièrement les degrés supérieurs : épiscopat, presbytérat et diaconat. Les degrés inférieurs se sont beaucoup diversifiés et ont perdu beaucoup de leur importance : à partir du Vème siècle par exemple, à Rome, on confiait le service des portiers aux laïcs et le lectorat aux enfants dès qu’ils étaient capables de lire en public… Les sept degrés existaient toujours en Occident mais on n’était plus obligé de les parcourir un à un pour accéder au presbytérat. En Orient d’autres ordres mineurs s’étaient ajoutés à savoir par exemple le psalmitat (chantre). Mais on ne pouvait avoir l’acolytat qu’autour de 30 ans, exercer le diaconat pendant 5 ans au moins avant d’accéder au presbytérat et 10 ans le presbytérat avant l’épiscopat selon le témoignage du pape Sirice.

C’est au VIème siècle que la cléricature fait son apparition à Rome comme degré préparatoire à la réception des ordres. Elle incorporait au clergé celui qui la recevait et était caractérisée par la tonsure. La tonsure devint ainsi le signe qui mettre une nette distinction entre clercs et laïcs et commence alors à se creuser le fossé clergé/laïcat.

Selon M. Mounier et B. Tordi, il faut aussi noter à partir du Concile de Nicée, une fonctionnarisation progressive des ministres et il n’est pas « exagéré de dire que la cléricature fait partie de la fonction publique comme l’administration civile ou l’armée » évolution que tentera d’endiguer la réforme grégorienne du XIème siècle.

 

1.2.2 St Jean Chrysostome

 

Pour parler de l’évêque et don presbyterium, Jean revient constamment sur le concept de « presbuein », verbe qui rassemble dans une ambivalence sémantique l’idée d’ « être âgé, vénérable, supérieur » et donc de « présider » d’une part et d’autre part, l’idée d’être « en ambassade, député à la place de quelqu’un d’autre ». Comme on le voit, la distance n’est pas grande entre presbuein et presbyteros, notable qui préside mais surtout homme député (cf. Ac 14,25) à qui Dieu confie le soin de son Eglise, pour prolonger à la place du Christ, son ministère et son œuvre. Si l’apôtre-ambassadeur peut tenir la place du Christ, c’est qu’en lui, Dieu lui-même se rend présent aux hommes.

 

1.2.3 Saint Grégoire de Nysse

 

La présence de Dieu dans le prêtre, St Jean Chrysostome la voyait dans l’acte sacerdotal, comme ambassade pour le Christ auprès des hommes et pour les hommes auprès de Dieu. Cette même grâce de Dieu habilitant le prêtre à ce sacrifice double est comprise par Grégoire de Nysse comme transformation invisible du prêtre dans son âme au moment où l’ordination le charge du ministère sacerdotal.

Il dit : « le pain [eucharistique] est jusqu’à ce moment du pain commun mais quand le ministre le consacrera, il sera appelé et il deviendra le corps du Christ. De même, l’huile sacramentelle, de même le vin, qui, avant la bénédiction sont des choses de peu de valeur et qu’ensuite la sanctification de l’Esprit rend différent. Cette même puissance de la Parole rend aussi le prêtre digne… séparé de l’ensemble des hommes par la nouveauté de la bénédiction. En effet, lui qui, hier et auparavant faisait partie de la multitude du peuple est manifesté en même temps comme guide, président, maître de piété, mystagogue des mystères cachés. Et il fait cela sans avoir changé de corps ou de forme mais tout en demeurant dans son aspect visible… Il a la forme invisible de sont âme changée en mieux par une puissance et une grâce invisible ».

 

1.2.4 St Basile

 

Il semble qu’avec Basile nous n’ayons pas affaire avec un théologien du sacerdoce et dans ce domaine-ci, il est peu cité par les spécialistes ; ce qui paraît d’ailleurs vrai lorsqu’on sait que ce pasteur s’occupa de questions trinitaires à travers ses deux principaux traités (Contre Eunome et Sur le Saint Esprit). Mais selon J. M. Guarrigues et alii les préoccupations pastorales qui s’expriment dans sa correspondance permettent au moins de poser deux grandes questions en rapport avec la théologie du sacerdoce : la sainteté du prêtre et le caractère sacramentel ; car lorsqu’on en arrive à se poser, comme il le fait, la question du prêtre qui ne vit pas la sainteté de son ministère, la question du caractère, du « charisma » de l’ordination surgit elle-aussi. C’est pourquoi les thèmes de la sainteté et de permanence du caractère sont intimement liés chez lui-même si persiste encore une certaine hésitation.

Dans la controverse avec les hérétiques et les schismatiques, Basile reconnaît le baptême et les ordinations des Novatiens mais non celui des montanistes qui nient la divinité du St Esprit. Il pourrait bien s’agir là d’une non-réitérabilité en vertu d’une théologie du caractère.

Basile nous renseigne également sur le fait que les candidats au sacerdoce étaient éprouvés pour voir s’ils ne tenaient pas de propos injurieux, s’ils ne s’enivraient pas s’ils n’étaient pas prompts à la bagarre… et il leur recommandait d’autre part une rupture avec le monde pour un temps de solitude qui permette un ressourcement spirituel.

 

1.2.5 La période des questions christologiques.

 

Au moment où les théologiens essayaient de dégager dans l’être du Christ, les structures de la médiation humano-divine, il n’est pas étonnant de voir que la «médiation» sacerdotale soit venue s’inscrire dans les diverses christologies.

Représentant de l’école d’Antioche, pour laquelle l’union entre Dieu et l’homme Jésus ne peut être que juxtaposition, Théodore de Mopsueste pense que l’œuvre sacerdotale du Christ est de donner aux hommes d’oser s’approcher de la gloire divine puisque lui, homme comme eux, a pu entrer en contact avec la personne du Verbe et demeurer en son intimité toute sa vie. Le prêtre, à son tour, par la grâce de l’ordination participe à cette proximité divine dont jouit le grand-prêtre céleste, ce qui lui permet d’accomplir sacramentellement pour les hommes ce que le Christ a fait en réalité : mettre les hommes en contact avec Dieu.

Pour l’école d’Alexandrie et pour Cyrille particulièrement, l’œuvre du Christ consiste avant tout à se faire compénétrer dans sa personne, Dieu et l’homme en laissant investir totalement son humanité par sa toute-puissance divine. L’humanité ne devient alors que canal de grâce pour le reste du genre humain. Quant aux apôtres et à leurs successeurs, le Christ les consacre par une réelle sanctification en les faisant communier à sa propre nature par la participation de l’Esprit et en reforgeant en quelque sorte la nature humaine en une puissance et une gloire au-dessus de l’homme. Il y a donc transmutation fondamentale de l’être par participation directe au pouvoir incréé de la nature divine en Christ.

 

1.3. Synthèse : Les grands axes de la réflexion théologique patristique

 

1.3.1 La succession apostolique

 

Pour mieux asseoir l’autorité des presbytres de Corinthe, Clément de Rome avait rappelé par qui et comment ils ont été institués : les apôtres ont, avant leur mort, institué des ministres qui posèrent la règle qu’à leur mort leur succèdent des hommes éprouvés : la succession apostolique était donc posé chez Clément en termes historiques.

Celui qui posera le problème sur le plan théologique sera Irénée de Lyon. Pour lui, l’Eglise n’est Eglise que parce qu’elle conserve en elle la Tradition des apôtres. Le fondement de cette succession apostolique se trouve donc dans la fidélité à la saine doctrine. Et cette fidélité, il la reconnaît dans les grandes Eglises en particulier Rome qui peut dresser la liste des évêques qui se sont succédés dans l’enseignement de la vraie gnose. Les évêques se succèdent donc les uns aux autres dans les apôtres qui à travers eux, continuent de gouverner l’Eglise, Pierre et Paul à Rome par exemple.

Mais si tel est le cas, que dire des Eglises non fondées directement par des apôtres? C’est Tertullien qui résout le problème ; il affirme : «dans chaque cité, les apôtres fondèrent des Eglises auxquelles dès ce moment les autres Eglises empruntèrent la bouture de la foi, la semence de la doctrine et l’empruntent tous les jours pour devenir elles-mêmes des Eglises. Et par cela même, elles seront considérées comme apostoliques en tant que rejetons des Eglises apostoliques. Toutes ces Eglises si nombreuses et si grandes soient-elles, ne sont que cette primitive Eglise apostolique dont elles procèdent toutes ». Ainsi, par la vertu de la succession apostolique, l’Eglise entière est selon le néologisme inventé par Ignace, « apostolique ».

 

1.3.2 L’emploi du vocabulaire sacerdotal.

 

Le mot archiérus, grand-prêtre, n’est appliqué au Christ que dans l’épître aux Hébreux. Ailleurs, on ne retrouve ce vocabulaire qu’en 1Pierre 2,9 et Ap 1,9 pour parler de l’Eglise. Aux origines de l’Eglise, on peut donc dire qu’il y avait absence d’un vocabulaire sacerdotale pour parler des ministères.

Petit à petit cependant, au fur et à mesure que l’on prend conscience de la nature et de l’être des ministres de la Nouvelle Alliance, les Pères vont faire appel au registre sacerdotal pour parler des évêques d’abord et des prêtres ensuite.

Selon André Lemaire, cette évolution peut avoir eu deux causes principales ; d’une part, la référence au sacerdoce de l’Ancien Testament et d’autre part, la comparaison avec les prêtres païens.

Clément parle par exemple du sacerdoce du «nouvel Israël» et la Traditio Apostlica identifie clairement la charge épiscopale au souverain sacerdoce de l’Ancien Testament (§ 3).

Tertullien de son côté parle de l’évêque comme de celui qui préside à la prière officielle, l’Eucharistie, le culte jouant ainsi un rôle analogue à celui du sacerdoce païen. On peut retrouver la même formalisation chez Jean Chrysostome (cf. plus haut) et dans tous les cas, ce vocabulaire a l’avantage de souligner la fonction liturgique, cultuelle du sacerdoce surtout vis-à-vis de l’Eucharistie.

 

1.3.3 Vers une théologie du caractère

 

Comme nous l’avons pu voir avec Basile, comme pour le baptême, c’est dans la controverse avec les schismatiques, dans le questionnement sur la validité de leurs ordinations que se fait jour chez les Pères une théologie du caractère. Pour Origène, il existe une dignité de l’âme attachée au ministère apostolique. Saint Cyrille parle d’une transmutation semblable à celle que le Christ a opéré en ses apôtres lorsqu’il les a consacrés comme dispensateurs et prêtres des saints autels. Et Saint Grégoire de Nysse d’affirmer que l’âme est invisiblement transformée par l’ordination sacerdotale par analogie avec la manière dont la consécration eucharistique transforme les oblats. Saint Maxime le confesseur parle d’un sceau qui marque le ministre ordonné. Or, l’usage liturgique de la notion de sceau était normalement réservé au baptême ; ceci montre que l’ordination imprime un caractère ineffaçable comme au baptême.

La conscience de la non-réitérabilité de l’ordination au nom de laquelle les hérétiques n’étaient souvent pas ré-ordonnés et les motifs du refus du donatisme qui subordonnait la validité des sacrements à la sainteté du ministre semblent avoir ouvert la voie à cette théologie certes encore hésitante sur l’existence d’un caractère lié au sacrement de l’ordre.

 

2.   LES SCOLASTIQUES ET L’ORDRE

 

Le sacrement de l’ordre fut objet des débats théologiques de l’époque scolastique. Au nombre des questions qui   occupaient les théologiens on peut relever la définition de l’ordre, le nombre des ordres, le rapport entre l’épiscopat et le presbytérat, la sacramentalité de l’ordre, le signe extérieur du sacrement et le ministre et le sujet du sacrement de l’ordre. Des sujets que nous évoquerons sans entrer vraiment en profondeur des controverses de l’époque,  et sans toutefois non plus négliger l’étonnant foisonnement d’idées et de conceptions sur le sacrement de l’ordre à l’époque.

 

2.1. La définition de l’ordre

        

A la question « qu’est ce que l’ordre ? », les théologiens de l’époque considérée répondent par la définition du Maître des Sentences ordinem) signaculum quoddam quo spiritualis potestas traditur ordinatio et officium ». L’ordre est un signe sacré par lequel est confié un pouvoir spirituel et un office à celui, qui est ordonné.

St Thomas d’Aquin (+1274) relève avec beaucoup de justesse historique que le mot signaculum dans la définition de lombard ne doit pas s’entendre au sens de caractère intérieur mais au sens de l’action extérieur qui est signe et cause de l’effet intérieur.

            Alexandre de Halès pour distinguer plus clairement le sacrement de l’ordre ajoute que par l’ordre est conférée une puissance spirituelle ; la nouveauté chez lui est que ce pouvoir est donné en vue d’une fonction qui est ordonnée au sacrement de la communion c’est-à-dire l’eucharistie.  C’est pourquoi il exclura l’épiscopat du sacrement de l’ordre  puisque, dit-il, il lui manque cette ordination immédiate à l’eucharistie. L’idée de l’ordination à l’eucharistie des pouvoirs spirituels conférés par l’ordre devient par la suite  le bien commun des théologiens et servira d’argument principal pour exclure l’épiscopat du sacrement de l’ordre. Mais certains se démarquent de cette position en occurrence Duns Scot.

            Jean Duns Scot (+1308) traite de l’essence de l’ordre d’une façon très approfondie. Il récuse l’assimilation du sacrement de l’ordre au pouvoir spirituel d’accomplir un acte quelconque dans la hiérarchie ecclésiastique. Il distingue deux significations de l’ordre : d’après st Augustin, De civitate Dei XIV, 13,1, l’ordre c’est la disposition des êtres égaux et inégaux désignant à chacun la place qui lui convient. C’est en ce sens qu’on parle de l’ordre des choses dans l’univers ou du bon ordre des choses publiques. Dans un autre sens on l’emploie pour désigner une position éminente dans une société (gradus preeminens). Les deux significations du mot ordre se retrouvent dans l’église car l’église est une entité collective ordonnée et la personne qui occupe dans l’église une position éminente a comme on dit un ordo. Et donc pour lui l’épiscopat est un ordre.  D’autres auteurs partageront à quelques nuances près cette position. Ainsi les divergences sur la définition même de l’ordre influenceront le nombre des ordres.

 

                        Le nombre des ordres

 

Généralement le nombre sept est admis par les théologiens de la scolastique. Mais certains iront jusqu’à huit voir neuf selon qu’il y ajoutait, l’épiscopat, l’archiépiscopat, la tonsure ou le psalmitat.

            L’idée fondamentale et dominant qui ramène à l’unanimité sur les sept ordres « traditionnels », c’est leur relation avec l’eucharistie. A l’ordre sacerdotal il revient de consacrer le corps et le sang du Seigneur. Ce qui est l’œuvre par excellence parmi tous les offices christiques. Aux autres ordres revient un service inférieur, comme préparer ou dispenser l’eucharistie ou encore préparer le peuple à le recevoir. Voici  à cet effet ce qu’en dit l’Aquinate : le prêtre consacre l’eucharistie, le diacre la distribue avec le prêtre, le sous diacre apporte à l’autel les vases qui servent à la préparer, l’acolyte présente le vin et l’eau ; trois autres ordres préparent ceux  qui doivent recevoir l’eucharistie à le faire dignement : le portier écarte les infidèles, le lecteur enseigne aux catéchumènes   les rudiments de la foi et l’exorciste libère les énergumènes du pouvoir de Satan. Depuis Pierre Lombard on motive aussi le nombre  de telle sorte qu’à chacun des sept ordres correspond  un des sept dons de l’esprit- Saint. Mais Thomas rejette cette position parce que pour lui en chacun des ordres est donné le don septiforme du Saint- Esprit.

            A qui veut que selon Denys l’Aréopagiste l’Eglise primitive n’ait eut que des évêques et des diacres, thomas répond qu’en raison du petit nombre des ministres les services des autres ordres étaient confiés aux diacres. Les pouvoirs de tous les ordres existaient mais ils étaient inclus dans le pouvoir du diacre. Quand par la suite, le culte se développa, on transféra à des personnes différentes les pouvoirs des ordres inférieurs. C’est en ce sens, dit-il, qu’il faut entendre le mot de Lombard disant que l’Eglise a institué les ordres mineurs. Pour thomas tous les ordres remontent à l’institution par le Christ.

 

2.3. Rapport presbytérat épiscopat

 

         Trois conceptions s’affrontent à l’époque scolastique.

            - ceux qui voient dans l’épiscopat un ordre autonome, distinct du presbytérat. Ils citent Isidore de Séville et le Pseudo Denys et y ajoutent un argument de raison : la considération que l’évêque en ordonnant le prêtre à une  relation  plus étroite avec le Corps du seigneur ; la possibilité d’appliquer à la consécration épiscopale la définition du sacrement de la nouvelle alliance. Peu de théologiens soutiennent cette affirmation. Nombreux sont les canonistes qui y penchent.

            - l’écrasante majorité voit dans l’épiscopat non un ordre mais une dignité comme nous le soulignons plus haut. Selon St Thomas le pouvoir par lequel l’évêque surpasse le prêtre ne consiste pas seulement en un pouvoir de juridiction mais aussi un pouvoir d’ordre. Toute fois il refuse d’y voir un ordre propre. D’où l’existence d’un troisième courant.

            - ceux qui à l’époque affirmaient déjà que l’épiscopat est un ordre non pas différent du sacerdoce mais un seul et même ordre avec lui. L’épiscopat est pour eux, la plénitude et l’achèvement du sacerdoce. (DURAND).

 

2.4. Le signe extérieur du sacrement

               

La question de la matière et de la forme à l’époque considérée s’étend à tous les degrés du sacrement. Elles sont traitées généralement avec la question, quel est l’acte par lequel est conféré le caractère sacramentel ? Pour les ordres mineurs on enseignait communément que dans ces degrés le caractère est conféré par la remise d’un objet matériel qui symbolise l’acte du degré en question et par la récitation des paroles correspondantes. Dans ce débat l’imposition des mains en usage dans l’ordination du diacre et du prêtre s’estompe d’une manière surprenante. Toutefois Albert le Grand referant à Alexandre de Halès enseigne que le diaconat et le presbytérat sont conférés par l’imposition des mains accompagnées des mots « accipe spiritum sanctum ».

Il indique que la porrection des instruments seulement comme matière du sacrement de l’ordre et ajoute ailleurs (Traité de l’extrême onction) que pour l’ordre la forme par laquelle l’évêque conférait les pouvoirs à l’ordinand est la prière. Il s’ensuit qu’il considère l’imposition des mains comme la matière des ordres majeurs. Toutefois retenons que la majorité des théologiens tel thomas voyait la matière plus dans la porrection des objets.

 

2.5. Les effets du sacrement

 

Les scolastiques distinguent nettement deux effets : la grâce sanctifiante et le caractère. Ils enseignent communément, sauf Durand et ses amis, que la consécration épiscopale n’imprime de caractère. L’épiscopat présuppose nécessairement le presbytérat, qui imprime réellement un caractère, il n’en pas de même pour ceux qui concerne les ordres mineurs et les ordres majeurs. Les premiers ne présupposent les derniers que par raison de convenance.

 

2.6. Ministre et sujet du sacrement

 

            Tous s’accordent à voir dans l’évêque le ministre ordinaire du sacrement de l’ordre. C’est aux apôtres que le seigneur donna le pouvoir d’imposer les mains et de consacrer, mais non pas aux simples disciples comme le montre Ac 8,7. Les successeurs des apôtres étant les évêques et les prêtres des soixante douze ; c’est donc au premier que revient le pouvoir propre. He 7,7 est cité pour montrer qu’une prééminence est exigée de celui qui consacre.  « Sans aucun doute c’est l’inférieur qui est béni par le supérieur. »

            Le problème du ministre séparé aussi fut élucidé. Il fut tranché à l’Augustinien : les sacrements conférés par les hérétiques que se soit en dehors ou à l’intérieur de l’Eglise pourvu qu’ils possèdent le pouvoir requis et qu’ils agissent selon la forme et l’intention de l’Eglise est valide quitte à le compléter après.

Comme condition nécessaire à a réception de l’ordre les théologiens exigent en général que le sujet ait déjà reçu le baptême fondement de tous les autres sacrements. La confirmation n’est exigée que pour des raisons de convenance.

En outre on enseignait que le sexe masculin du sujet constitue une condition absolue pour la réception du sacrement. Thomas justifie des passages de 1 Tm 2,12  et Co11, 55. Il ajoute comme argument de raison que la femme est impropre à signifier la position éminente conférée par l’ordre étant donné que (d’après Gn 3,16) elle se trouve en position de sujétion. Il faut ajouter à cela la nécessité de l’intention chez celui qui reçoit : si quelqu’un est ordonné contre sa volonté il ne reçoit rien. Toutefois s’il y a nécessité, on peut obliger quelqu’un à recevoir l’ordination, sous peine d’excommunication, pour le bien de l’Eglise.

Tous ces grands débats recevront une cristallisation et : ou une purification au cours des conciles qui se tinrent à l’époque. Et spécialement une forme doctrinale pour l’Eglise universelle en réaction aux erreurs des réformateurs.

 

  1. 3.   LES DONNEES CONCILIAIRES

 

3.1. Les réformateurs et le concile de trente

 

3.1.1.  la doctrine des réformateurs

 

Nous présentons l’essentielle de cette doctrine telle que remis aux théologiens  du concile de trente pour examen le 03 décembre 1551.

- l’ordre n’est pas un sacrement, mais un certain rite par lequel on choisit et établit des ministres de la Parole et des sacrements. Dire que l’ordre est sacrement est une invention humaine, imaginée par des hommes qui n’entendent rien aux choses ecclésiastiques.

-l’ordre n’est pas un sacrement unique et les ordres intermédiaires et inférieurs ne tendent pas au sacerdoce à la manière des degrés.

- ils n’y pas de hiérarchie dans l’église, mais tous les chrétiens sont également prêtres. Pour l’usage ou l’exercice du sacerdoce il faut l’appel des autorités séculières et le consentement du peuple. Qui a déjà été prêtre un temps peut redevenir ensuite Laïc.(négation du caractère sacerdotal)

-dans la nouvelle alliance il n’y pas de sacerdoce visible extérieur c’est-à-dire qu’il n’y a pas de pouvoir spirituel de consacrer le corps et le sang du Seigneur ou d’offrir ou d’offrir le sacrifice ou d’absoudre les péchés devant Dieu, mais seulement une fonction et un simple ministère de la prédication de l’évangile.

-dans l’ordination, non seulement l’onction n’est pas requise, mais elle est pernicieuse et méprisable comme du reste toutes les autres cérémonies. Aussi est-ce en vain que les évêques disent en ordonnant « recevez le Saint Esprit »

-les évêques ne sont pas d’institution divine et ils ne sont pas supérieurs aux prêtres. Les ordinations accomplies, par eux sans le consentement du peuple sont invalides.

 

3.1.2.  La réaction du concile : la doctrine catholique

 

Après des débats, les textes relatifs au sacrement de l’ordre ont été promulgués à la 23ième session le 15 juillet 1563.

Le décret comporte une doctrine (préambule de quatre chapitres) suivi huit canons. Il est accompagné d’un décret disciplinaire de dix huit canons. Voici l’essentielle de la doctrine officielle ;

-il y dans la nouvelle alliance un sacerdoce visible et extérieur et donc particulier, auquel revient le pouvoir de consacrer et de remettre les péchés.

-à coté du sacerdoce, il y encore d’autres ordres majeurs et mineurs, par les quelles on s’avance vers le sacerdoce.

-l’ordre ou ordination est vraiment et à proprement parler un sacrement institué par le Christ.

-l’ordination confère le Saint Esprit et imprime un caractère.

-l’onction et les autres cérémonies en usage dans l’ordination ne sont ni méprisables ni pernicieuses.

-les évêques sont supérieurs aux prêtres ; ils ont le pouvoir de confirmer et d’ordonner. La validité des ordres qu’ils confèrent est indépendante du consentement ou de l’appel du peuple ou d’une puissance civile.

- les évêques choisis par l’autorité du Pontife romain sont de vrais et légitimes évêques.

On le voit le concile de trente s’est essentiellement penché sur les négations des réformistes. Il définit et promulgua des dogmes, mais ne proposa pas un véritable programme de vie sacerdotale. Beaucoup de questions furent laissées : la sacramentalité de l’épiscopat, l’institution des ordres mineurs par le Christ, et d’autres sujets qui faisaient débat au sein de l’Eglise. Les pères en étaient conscients ; puisque c’est le conseil que Charles Borromée donna aux légats du Pape : éviter les questions polémiques propre à l’Eglise.

 

3 .2.  Le Concile Vatican I (1869-1870)

 

            Malheureusement interrompu par la guerre franco-allemande de 1870, le concile Vatican I n’a pu développer que la première partie de son élaboration doctrinale. C’est pourquoi en matière du sacrement de l’ordre, il reste seulement marqué par la définition du primat et de l’infaillibilité pontificales qui donnent une image pyramidale de l’Eglise. Cette doctrine fut adoptée le 18 juillet 1870 par 553 voix contre 2 et est contenue dans la Constitution « Pastor aeternus » sur l’Eglise du Christ (cf. DH 3053-3075).

 

3.3.  Le Concile Vatican II (1962- 1965)

 

            Le Concile Vatican II dans son ensemble fut un concile d’aggiornamento, c’est-à-dire de mise à jour de l’Eglise dans son mystère comme dans sa mission. Dans cette perspective, dans la définition de sa doctrine sur le sacrement de l’Ordre, Vatican II reprend et propose à nouveau l’enseignement conciliaire de Trente et de Vatican I.

            Nombreux sont les documents du deuxième Concile du Vatican qui traitent du sacrement de l’Ordre[3]. Mais les plus importants sont la Constitution dogmatique sur l’Eglise, « LUMEN GENTIUM »  du 28 novembre 1964 et le Décret sur le ministère et la vie des prêtres, « PRESBYTERORUM ORDINIS » du 07 décembre 1965 comme complément de Lumen Gentium. La Lumen Gentium étudie les trois ordres de la hiérarchie du sacrement de l’Ordre qu’il situe au cœur du mystère de l’Eglise. Presbyterorum Ordinis quant à lui traite uniquement du Presbytérat.

            Nous nous limiterons à ne dégager de ces documents que les aspects doctrinaux les plus importants sur le sacrement de l’Ordre. Nous nous servirons de deux grands commentaires du Concile Vatican II[4].

 

3.3.1. L’Episcopat

 

            Dans un contexte marqué par l’affirmation du primat du Pontife romain par rapport aux autres évêques  (cf Vatican I) et la considération de l’épiscopat uniquement sous un angle juridique (Concile de Trente), il était urgent pour Vatican Ii d’approfondir la doctrine sur l’épiscopat, ses fonctions et ses rapports avec Pierre. Bref, il fallait le redéfinir.

 

- Origine de l’Episcopat

 

L’institution des douze( cf. Lc 6, 13) est le fondement de la charge des Evêques, successeurs des douze apôtres[5]. En effet, c’est le Christ, Pasteur Eternel qui a édifié son Eglise, a envoyé les Apôtres comme il avait été envoyé par le Père pour une mission qui embrasse tous les temps. « C’est pourquoi les Apôtres prirent soin d’instituer dans cette société hiérarchiquement ordonnée, des successeurs » (LG 20).  L’épiscopat est donc de droit divin.

 

-Sacramentalité de l’Episcopat

 

Dans le texte conciliaire LG 21, la sacramentalité de l’Episcopat est clairement affirmée[6]. Pour reprendre en résumé ce texte, nous dirons que par l’imposition des mains et les paroles de consécration, la grâce du Saint Esprit est conférée et le caractère sacré et indélébile imprimé en la personne des évêques de telle  sorte qu’ils tiennent la place du Christ lui-même, Maître, Pasteur et Pontife et agissent en sa personne au milieu des croyants[7].

L’épiscopat est  alors un sacrement qui se transmet depuis les Apôtres par l’imposition des mains. Il est la plénitude du sacrement de l’Ordre c’est-à-dire le suprême sacerdoce de l’Eglise, le sommet du ministère sacré, le ministère même du Seigneur[8] parce que selon LG2, il en est la réalisation type, exemplaire et primordiale. La consécration sacramentelle épiscopale est une participation ontologique aux charges saintes. Le concile lie pouvoir d’ordre et pouvoir de juridiction, consécration et mission, en ce sens que la consécration sacramentelle épiscopale confère en même temps la charge de sanctifier, d’enseigner et de gouverner mais dans la communion hiérarchique avec le Chef du Collège et ses membres[9].

 

3.3.2. Le  Presbytérat

 

Selon quelques opinions, le concile Vatican I, en redonnant au Collège épiscopal une place que le Primat ne peut pas faire oublier, aurait introduit à son insu un autre déséquilibre qui ferait disparaître le sacerdoce derrière l’épiscopat ; aussi, crut-on que le sacerdoce des laïcs revalorisé par le concile Vatican II aurait évincé celui des prêtres. Un approfondissement des aspects doctrinaux du concile montre qu’il n’en est pas ainsi.

 

-Nature du Presbyterat

 

Comme l’épiscopat, le presbyterat s’origine dans la consécration et la mission du Christ. «  Le Christ que le Père a consacré, sanctifié et envoyé dans le monde (Jn 20, 36) a, par les apôtres, rendu leurs successeurs c’est à dire les évêques, participants de sa consécration et de sa mission. Les évêques eux-mêmes ont transmis légitimement dans l’Eglise la charge de leur ministère selon divers degrés à divers sujets. C’est  ainsi  que le ministère ecclésiastique institué par Dieu est exercé en divers ordres par ceux qui déjà depuis l’antiquité sont appelés évêques, prêtres, diacres » (LG 28 et DH 4753).

Le sacerdoce des prêtres est conféré au moyen d’un sacrement particulier qui, par l’onction du Saint Esprit, les marque d’un caractère spécial et les configure ainsi au Christ-Prêtre pour les rendre capables d’agir au nom du Christ – Tête en personne (cf. P.O 2). Le propre du ministère presbytéral, c’est donc de perpétuer dans l’Eglise les gestes du Christ Sauveur : la parole qui fonde la foi, les sacrements et principalement l’Eucharistie.

 

-Rapport Presbyterat et Episcopat

 

Les prêtres sont sacramentellement associés aux évêques comme leur coopérateurs avisés. Ils sont comme l’aide et l’instrument de l’épiscopat. Avec leur évêque, les prêtres constituent un seul presbyterium (LG 28, DH 4153-4154).

De plus la communion à la plénitude du sacerdoce des évêques définit le ministère presbytéral. Elle marque la consistance de l’ordre presbytéral et intègre sacramentellement sa mission dans la constitution hiérarchique. En coopérant au ministère de l’évêque dans telle communauté de fidèles, les prêtres rendent présent l’évêque ; ce faisant, ils rendent en un point du globe, l’Eglise particulière et aussi l’Eglise universelle et contribuent à l’édification du Corps entier du Christ.

La grandeur du ministère sacerdotal « uni à l’ordre épiscopal », c’est donc de participer selon le degré qui leur est propre à l’autorité par laquelle le Christ lui-même construit, sanctifie et gouverne son corps.

 

3.3.3. Le Diaconat

 

Le Concile Vatican II a rétabli le diaconat comme un état permanent dans l’Eglise, alors qu’il n’était plus, depuis longtemps, que l’ultime étape avant l’ordination sacerdotale. Il en a aussi renouvelé la théologie.

Notons que la doctrine conciliaire sur le diaconat touche plus celui permanent. Participant du sacrement de l’Ordre ( car le diacre est ordonné) mais non du sacerdoce presbytéral, le diacre n’est ni sous prêtre, ni super laïc ;

 

-Sacramentalité

 

LG 29 affirme la nature sacramentelle du diaconat. Le diaconat en effet est conféré par l’imposition des mains par l’évêque qui ordonne les diacres «  non pas en vue du sacerdoce mais en vue du ministère de la diaconie, du service » (cf. DH 4155). C’est la grâce sacramentelle qui les habilite à servir le peuple de Dieu dans la diaconie de la liturgie, de la Parole et de la Charité en communion avec l’évêque et son presbyterium.

 

-Distinction entre le sacerdoce presbytéral et le ministère diaconal

 

Pour le Concile, la distinction n’est pas le degré mais de nature. De plus, le diaconat se rattache directement à l’évêque. Pour le signifier lors de l’ordination d’un diacre, l’évêque est le seul à lui imposer les mains, pas les prêtres qui pourtant imposent les mains lors de l’ordination d’un  autre prêtre. Le diacre aide l’Eglise locale dans ce qui est de la responsabilité même de l’évêque en particulier, il baptise, distribue la communion et accomplit les œuvres de charité ( cf. THEO 558a).

 

3.3.4. Le sacerdoce commun des fidèles

 

- La place des laïcs

 

Le Concile Vatican II a beaucoup insisté sur l’importance des laïcs qui reprennent leur place dans le mystère de l’Eglise. Selon Vatican II, ces derniers exercent aussi à leur manière propre, le sacerdoce du Christ. Le sacerdoce commun des fidèles est encore appelé « sacerdoce baptismal », « sacerdoce universel » ou encore « sacerdoce de l’Eglise ».

Le sacerdoce commun des fidèles se fonde sur le sacrement du baptême qui communique aux chrétiens l’Esprit même du Seigneur, faisant d’eux de vivantes répliques du Christ, capables de vivre leur existence d’homme avec un cœur de fils[10]. Le sacerdoce commun des fidèles appartient communautairement au peuple de Dieu et à tous ses  membres, depuis le pape jusqu’au plus humble fidèle.

LG 34 affirme qu’à tous ceux qu’il associa intimement à sa vie et à sa mission, il donne aussi une part de sa fonction sacerdotale pour exercer un culte spirituel pour la gloire de Dieu et le salut des âmes (…). Toutes leurs œuvres, leurs prières et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leur travail de chaque jour, leur détente intellectuelle et corporelle, si tout cela se fait dans l’Esprit et même les peines de la vie, si elles sont supportées avec patience, deviennent des « hosties spirituelles, offertes à Dieu par Jésus Christ » ( 1 P 2, 5).

Somme toute, le peuple de Dieu est tout entier sacerdotal par grâce baptismale. Le sacerdoce baptismal habilite les fidèles au culte liturgique, à la réception des sacrements et au sens de la foi ( LG 11) et aux charismes ( LG 12).

 

-Différence entre les deux sacerdoces

 

Le sacerdoce commun des fidèles fait entrer tout chrétien par le baptême dans les énergies spirituelles de l’Eglise. Il initie ensuite les hommes à la vie du Fils communiquée selon l’esprit de la Résurrection.

A tous les baptisés qui ont bénéficié de la communion spirituelle et qui sont appelés, le ministère sacerdotal les confère le pouvoir d’assurer les conditions objectives de cette communication qui sont : la prédication de la Parole, le soin sacramentel  et pastoral du peuple de Dieu.

Les laïcs agissent ‘en vertu du seul sacerdoce commun diffusé en toute l’Eglise. Dans leur ministère, les prêtres agissent en la personne du Christ ( PO  2 § 3 ; 12 § 2) comme les « instruments vivants » du Christ-Prêtre (PO 12 § 2). Leur part spécifique, ce sont les actes par lesquels l’Eglise se construit d’en haut par le don du Christ, seul Médiateur ( 1Tm 2, 5) et prêtre unique (He 7,8).

 

-Corrélation organique entre les deux sacerdoces

 

Bien que le sacerdoce commun des fidèles diffère essentiellement du sacerdoce ministériel hiérarchique, ils sont cependant ordonnés l’un à l’autre, l’un et l’autre participe de l’unique sacerdoce ministériel (cf. LG 10-12).

En effet, c’est du peuple de Dieu tout entier sacerdotal qu’est tiré un corps de ministres qui agissent au nom du Christ en personne et remplissent sa charge pastorale parmi leurs frères pour le salut de tous[11].

Ensuite, celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d’un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour en faire en la Personne du Christ, le Sacrifice Eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier.

Enfin les fidèles eux, par leur sacerdoce royal qui est le leur concourent à l’offrande de l’Eucharistie et exercent leur sacerdoce royal par la réception des sacrements, l’oraison et l’action de grâce, le témoignage d’une vie sainte, leur renoncement et leur activité effective (LG 10). Par conséquent sans eux, le sacerdoce ministériel n’a pas son sens.

En conclusion, le ministère des prêtres, sans découler de celui des fidèles ne fait que le servir. Il n’est jamais contre lui mais toujours pour lui. Selon le Père Yves CONGAR (I.C.I, n°225, p.11), la mise à part du prêtre pour le service de Dieu n’est plus à considérer comme une séparation sociologique. Les prêtres ne seront plus capables se servir les hommes s’ils restaient étrangers à leur existence et à leurs conditions de vie.

 

3-4 Le Magistère après Vatican II

 

Le sacrement de l’ordre, après Vatican II, est entré dans une crise assez radicale. De manière générale, le rapport nombre de prêtres par chrétiens, diminue ainsi que le nombre des candidats au presbytérat décroît. De son coté, l’enseignement de l’Eglise se contente d’une part, de rappeler l’importance du ministère et d’autre part, de préciser le sens de la doctrine déjà fixée par Vatican II, ceci, à mesure que surgit un problème.

 

3.4.1. Réforme des ordres mineurs et  de l’entrée dans l’état clérical

 

Dans plusieurs de ses recommandations, le Concile Vatican II a rappelé l’importance d’apporter une réforme aux ordres, réservée à l’autorité compétente[12]. C’est en réponse à ces vœux que deux Lettres Apostoliques en forme de Motu Proprio ont été publiées par le Pape Paul VI le 15 août 1972. La première, ‛‛Ministeria Quaedam”, supprime l’ostiariat, l’exorcistat et le sous-diaconat et remplace le terme d’ « ordres mineurs » par celui de « ministère ». De même,  la tonsure est supprimée pour laisser place au diaconat qui consacre dorénavant l’entrée dans l’état clérical. Les ministères de lecteur et d’acolyte peuvent lors être exercés par des laïcs qui ne se préparent pas au sacerdoce. Toutefois, la collation de ces ministères est exclusivement réservée aux hommes[13]. La deuxième Lettre s’intitule ‛‛Ad Pascendum”. Elle restaure le diaconat permanent et fixe les normes précises concernant l’entrée dans l’état clérical en passant notamment par le rite d’admission, le lectorat et l’acolytat.[14]

Bref, par la promulgation de ces textes, l’Eglise venait de faire un grand pas. A coté du diaconat qui est un ordre, elle reconnaît l’existence de divers ministères laïcs.

 

3.4.2. Les Lettres du Jeudi saint[15]

 

Traditionnelle depuis 1979 sous le pontificat du pape Jean-Paul II, une lettre papale est adressée aux prêtres pour le jeudi saint. Elle a pour objectif de les encourager et de leur rappeler certains aspects de leur mission pour une vie plus sainte et plus heureuse : la spiritualité, la pastorale, la pratique des sacrements…

 

3.4.3. Les résultats du Synode sur la Formation des prêtres

 

Suite au Synode des évêques sur la formation des prêtres (octobre 1990), le pape Jean-Paul II a publié l’exhortation apostolique ‛‛Pastores Dabo Vobis”, document dans lequel il fait une réflexion sur l’identité du prêtre dans le monde d’aujourd’hui. Pour le pape, « le prêtre, en vertu de la consécration qu’il a reçue par le sacrement de l’ordre, est envoyé par le Père, par Jésus Christ, à qui il est configuré de manière spéciale comme Tête et Pasteur de son Peuple pour vivre et agir, dans la force de l’Esprit Saint, pour le service de l’Eglise et pour le salut du monde » (PDV n° 12). De cette définition assez dense, se dégage le caractère relationnel du prêtre. Son ministère est lié au mystère de Dieu lui-même qui le pousse à se lier aux hommes ses semblables dans le service[16].

 

3.4.4. Des ordinations sans mandats pontificaux

 

Entre temps suite à la crise créée par Mgr Marcel LEFEBVRE qui  a conféré l’ordination épiscopale à des prêtres sans avoir reçu au préalable un mandat pontifical, c’est-à-dire sans provision canonique, le Pape Jean-Paul II a publié un motu proprio ‛‛ Ecclesia Dei ” (1988). Dans ce document, le pape constate l’excommunication latae sententiae de ce prélat de l’Eglise entré en rébellion contre certains aspects magistériels de Vatican II. Ce fut l’occasion pour le pape de rappeler cette disposition du Code de Droit Canonique qui réglemente l’ordre sacré[17].

 

3.4.5. La vie du prêtre et ses relations avec les fidèles laïcs

 

Pour finir cette partie, deux textes de la Congrégation pour le Clergé, méritent attention. Il s’agit du ‛‛ Directoire pour le ministère et la vie des prêtres ” (1994) et de ‛‛ Prêtre, pasteur et guide de la communauté paroissiale” (2003). Ces textes enseignent sur la spiritualité sacerdotale, la nécessité de la formation permanente et la sollicitude paternelle du prêtre vis-à-vis de la communauté dont il a la charge pastorale.

En conclusion, on peut retenir que les diverses interventions du Magistère durant la période post-vaticane, en rapport avec la sacrement de l’ordre, n’ont consisté, pour la plupart qu’à réaffirmer, éclairer et préciser la doctrine élaborée par le dernier concile.

 

III è PARTIE : ASPECTS DOCTRINAUX

 

  1. 1.       INSTITUTION DU SACREMENT DE L’ORDRE[18]

 

Jésus a choisi et institué douze apôtres pour fonder sur eux le nouvel Israël c’est dans l’évangile de Saint Marc qu’est bien décrit l’élection des apôtres  (Mc 3, 13-16) « Jésus gravit la montagne et appela à lui ceux qu ’il voulait… »

La structure institutionnelle du groupe est exprimée par la mention spéciale suivante : « il institua les douze pour être ses compagnons » ce qui montre leur choix spécial. Non seulement il les appelle et les choisit mais aussi il les fait : c’est ici l’aspect ontologique du ministère des apôtres. Cette création des douze s’exprime pour Simon, dans le nom qui lui est donné. Le verbe faire au sens non classique désigne « instituer ». L’évangile de Saint Jean 17, nous présente dans la prière sacerdotale de Jésus le sens de cette institution. Jésus ici se présente comme Grand Prêtre au jour du grand pardon (Yom Kippour ). Le Grand Prêtre prononçait le nom de Dieu, priait pour lui-même, pour les prêtres et pour tout le peuple. Jésus dévoile le nom de Dieu, prie pour lui-même, pour les apôtres et pour le peuple. Il prie en particulier pour les  apôtres afin qu’ils soient consacrés dans la vérité : « consacre-les dans la vérité, ta parole est vérité » ( Jn 17,17). Ces paroles sont une véritable formule d’institution sacerdotale.

            La consécration des apôtres trouve sa signification à la lumière du Christ. De même que le Christ a été consacré et envoyé dans le monde (Jn 10, 36), de même les apôtres sont consacrés par le Christ et envoyés dans le monde (Jn 17, 18). Nous pouvons après de nombreuses considérations affirmer que le lavement des pieds est la préparation à la consécration sacerdotale ; la prière sacerdotale est la consécration sacerdotale des apôtres ; le soir de Pâques  et la Pentecôte sont le don de l’Esprit pour la mission.

            Bref, cette mise à part d’un groupe montre que Jésus a voulu dans son Eglise un sacerdoce ministériel différent du sacerdoce commun. Mais la structure organique de l’Eglise remonte aux apôtres (Etablissement des presbytres, des épiscopes et des diacres dans les Eglises qu’ils fondaient).

La réalité du ministère sacerdotale remonte à Jésus et elle est d’institution divine. Ce qui a été institué par le Christ c’est la globalité du ministère ; quant à sa répartition (évêques, prêtres, diacres) elle dépend de l’Eglise elle-même.

 

  1. 2.       ESSENCE  DE  L’ORDRE

 

La matière de l’ordination au diaconat, au presbytérat et à l’épiscopat est l’imposition des mains, le toucher moral suffit pour la validité, mais est prescrit le toucher physique.[19]

La forme et la seule, sont les paroles qui déterminent l’application de cette matière : paroles par lesquelles sont signifiées de façon univoque les effets sacramentels : à savoir le pouvoir de l’ordre et la grâce du Saint-Esprit et que l’Eglise accepte et emploie comme telles.

Dans l’ordination diaconale, la matière est l’imposition des mains de l’évêque qui intervient une seule fois dans le rite. La forme est constituée par les paroles de la « préface » dont les suivantes sont essentielles et requises pour la validité : « Envoie sur lui nous t’en prions Seigneur l’Esprit Saint afin que, pour accomplir fidèlement ton ministère, il soit fortifié par le don septiforme de ta grâce. »

Dans l’ordination presbytérale, la matière est la première imposition des mains de l’évêque qui se fait en silence. La forme est constituée par les paroles de la préface dont les suivantes sont essentielles et nécessaires pour la validité : « Donne nous t’en prions Père Tout-Puissant, à ton serviteur ici présent la dignité du presbytérat ; renouvelle e son cœur l’Esprit de sainteté afin qu’il garde le ministère du second ordre reçu de toi, et que par l’exemple de sa conduite, il favorise les bonnes mœurs. »

Enfin, dans l’ordination épiscopale, la matière est l’imposition des mains faite par l’évêque consécrateur. La forme est constituée par les paroles de la préface : « Accomplis dans ton prêtre la plénitude de ton ministère et sanctifie celui qui est paré des ornements de l’honneur le plus haut par la rosée de l’onction céleste ».

 

  1. 3.       EFFICACITE DE L’ORDRE

 

A propos des effets du sacrement de l’Ordre, la doctrine de l’Eglise affirme que « le sacrement de l’ordre confère un caractère spécial indélébile » qui « configure au Christ par une grâce spéciale de l’Esprit Saint en vue de servir d’instrument du Christ pour son Eglise » et que la grâce propre à ce sacrement est celle d’une configuration au Christ prêtre, Maître et Pasteur dont l’ordonné est constitué ministre.

Comme celui qui a reçu le baptême, celui qui a reçu le sacrement de l’ordre n’est plus comme avant. Quelque chose s’est passé en lui et il n’est plus de ce fait dans le peuple de Dieu tout à fait le même. Il est signé d’une marque intérieure qui le distingue des autres. Le prêtre n’est donc pas un membre de l’assemblée cultuelle recevant d’elle une délégation temporaire pour présider l’Eucharistie ou conférer les autres sacrements. Il est sacramentellement désigné comme celui qui représentera sacramentellement le Christ-Prêtre dans la célébration cultuelle.

Et c’est une marque qui est inamissible et qui, parce qu’il configure au Christ dont la personne du prêtre devient instrument, ne peut être perdu si le prêtre venait à perdre la dignité de son sacerdoce, à être suspendu ou à renoncer.

Mais Jean Hervé Nicolas se demande si l’ordre ne confère pas une grâce sacramentelle en dehors de la grâce de configuration au Christ-Prêtre. D’aucuns en effet pensent que le sacrement de l’Ordre n’a pas été institué pour la sanctification de celui qui le reçoit mais pour le service des autres membres du peuple de Dieu et donc qu’on ne saurait lui attribuer quelque vertu sanctificatrice. Mais à la suite de St Thomas, on peut alléguer que l’ordre est un sacrement comme les autres et le premier effet de tout sacrement est la grâce ; et de plus, Dieu ne se sert jamais d’une personne pour son œuvre sans lui donner part à cette grâce dont elle est le moyen.

Mais il ne faudrait pas séparer le bien de l’Eglise du bien des chrétiens. Si le Christ choisit et consacre une personne pour les besoins de sa représentation sacramentelle sur la terre, il le sanctifie du même coup à moins qu’elle n’y fasse volontairement obstacle.

 

  1. 4.       NECESSITE DE L’ORDRE

 

Le sacrement de l’Ordre n’est pas superflu et à juste titre nous reprenons ici la prière consécratoire pour l’ordination des diacres dans laquelle l’Eglise confesse : « Père très Saint, pour l’édification de ce temple nouveau (l’Eglise), tu as établi des ministres des trois ordres différents, les évêques, les prêtres et les diacres, chargés les uns et les autres de te servir, comme autrefois, dans l’Ancienne Alliance, pour le service de ta demeure, tu avais mis à part les fils de la tribu de Lévi et tu étais leur héritage. »

En bref, le sacerdoce ministériel est l’un des moyens par lesquels le Christ ne cesse de construire et de conduire son Eglise. Et le Christ qui est absolument nécessaire au salut, car sacrement primordial du Salut, est présent dans le ministre qui agit "in persona Christi". Le sacerdoce ministériel est nécessaire aussi parce qu’il a pour tâche de présenter à Dieu la prière de l’Eglise et surtout lorsqu’il offre le sacrifice eucharistique. Car en effet, la prière et l’offrande de l’Eglise sont inséparable de la prière et de l’offrande du Christ son chef. Ce n’est qu’en vertu du sacrement de l’Ordre que l’Evangile est prêché et le culte divin célébré pour la sanctification du peuple chrétien.

Jésus-Christ nous garantit sa présence ecclésiale à travers la vie sacramentelle. Sous cette lumière le sacrement de l’Ordre dynamise (Dieu n’est pas loin : Jésus s’offre comme chemin vers le Père), sorte de tremplin entre Dieu et l’homme.

Sans doute, tout chrétien est-il responsable de l’annonce et du progrès de l’Evangile dans le monde. Mais le prêtre est spécialement chargé d’assurer la transmission intégrale de la Parole de Dieu dans les Ecritures et dans l’Evangile.

De même tout chrétien est-il, à sa manière, responsable des messes célébrées par l’Eglise entière. Mais les mains du prêtre sont seules consacrées pour tenir et distribuer le Corps du Seigneur. Le prêtre manifeste ainsi dans l’Eglise par l’exercice du ministère qu’il est l’autorité divine de la Parole du Christ et l’efficacité divine des sacrements.

 

5.       LE MINISTRE DE L’ORDRE

 

5.1. fondement biblique

 

Le Christ a appelé et envoyé ses apôtres dans l’Eglise pour le monde. Ce ministère personnel de la communion se transmet et s’exerce à jamais dans la tradition de l’Eglise et de l’Esprit Saint. C’est dans la foi, l’espérance et la charité de l’Eglise apostolique que s’est historiquement inaugurée et constituée la succession dans le ministère apostolique. Le choix des Douze par Jésus-Christ, leur investiture, leur institution et leur envoi en mission sont des faits historiques avérés.

Le Nouveau Testament atteste la participation d’hommes autres que ceux institués par Jésus, au ministère des apôtres. Ceux-ci sont choisis et institués par les apôtres eux-mêmes pour assurer la permanence et la continuité de la mission reçue du Christ (cf. 1Tm 1, 2 ; 2Tm 1, 2-6 et Tt 1, 1). Ces hommes sont désignés par le titre d’Ancien. Ainsi dans chaque ville où saint Paul crée une Eglise, il institue et met à sa tête un Ancien à qui il impose les mains. Cette responsabilité, Paul l’a transmise à Tite (cf. Tt 1, 5ss) qui en a usé en instituant des Anciens en Crète.

Par ailleurs, face aux difficultés de l’Eglise naissante, sur proposition des apôtres, sept hommes furent choisis et présentés aux apôtres. « Ceux-ci, après avoir prié, leur imposèrent les mains » (Ac 6, 6). A travers l’ordination de ces sept diacres, les apôtres viennent d’instituer l’ordre sacré du diaconat.

 

                        Fondement théologique

 

Le sacrement est une action, qui implique un agent déterminé. En tant qu’agent, celui-ci entre dans la structure du sacrement. Or, il s’agit d’une action du Christ. En effet, le Christ est l’unique prêtre, l’unique cause des actions sacramentelles par lesquelles son action salvatrice est étendue à tous les temps et à tous les hommes. Aujourd’hui, le Christ n’est plus là visiblement et son action doit continuer à être ‛‛visibilisée ”. Il faut alors que lui-même, en tant que sauveur sauvant cet homme et cette communauté, par cette action visibiliséé (action sacramentelle), soit ‛‛visibilisée ”. Cela signifie que l’agent de l’action sacramentelle doit être sacramentellement désigné et constitué. Désigné et constitué par un sacrement spécial qui, au-delà du rite, perdure en cet homme, sous la forme de sacrement intérieur ” c’est-à-dire qui imprime en lui un caractère.

Ainsi, le sacrement de l’ordre fait de celui qui le reçoit le représentant visible, dans l’action sacramentelle, du Christ prêtre sans lequel l’action sacramentelle ne serait qu’un simulacre. Voici pourquoi, seul un évêque sacramentellement constitué comme représentant du Christ prêtre et jouissant de la plénitude du sacerdoce, peut exercer cette action sacramentelle qui consiste à conférer l’ordre.

Cette démonstration, le Catéchisme en son numéro 1576, la reprend à sa manière : « Puisque le sacrement de l’ordre est le sacrement du ministère apostolique, il revient aux évêques en tant que successeurs des apôtres, de transmettre le don spirituel, la semence apostolique. Les évêques validement ordonnés, c’est-à-dire qui sont dans la ligne de la succession apostolique, confèrent validement les trois degrés du sacrement de l’ordre »[20].

 

  1. 6.       LE SUJET DE L’ORDRE

 

             L’Ordre est défini comme un sacrement qui consacre les diacres, les prêtres et les évêques, et qui leur donne le pouvoir et la grâce de remplir saintement leur mission rédemptrice. Mais une question s’impose : qui peut recevoir  le sacrement de l’Ordre ? Par rapport à cette question le Code de Droit Canonique au Canon 1024 statue que « seul un homme (vir) baptisé reçoit validement l’ordination sacrée »[21]. Dans cette même ligne, les évangiles nous renseignent que ce sont douze hommes que Jésus a choisis et institués apôtres comme ses collaborateurs. A la suite de leur maître, les douze apôtres à leur tour ont choisi et institué des collaborateurs qui seraient leurs successeurs dans leur mission rédemptrice.

            Par ailleurs, dans l’Eglise, nul n’a un droit à recevoir le sacrement de l’Ordre. En effet, l’Epître aux Hébreux nous apprend  que nul ne s’arroge à soi même cette charge. On y est appelé par Dieu (cf. He5, 4).  C’est pourquoi dans l’Eglise tout appel de Dieu à un Ordre sacré doit être soumis à l’autorité de l’Eglise, car c’est à elle que reviennent la responsabilité et le droit d’appeler quelqu’un à recevoir les Ordres. C’est pourquoi nous sommes en droit de dire que comme toute grâce, le sacrement de l’Ordre ne peut être reçu que comme un don immérité.

            Enfin, dans l’Eglise latine, hormis les diacres permanents, les sujets  du sacrement de l’Ordre sont choisis parmi les hommes croyants célibataires et qui ont aussi  et surtout la volonté de garder le célibat dans la chasteté « en vue du royaume des cieux » (Mt19, 12). Ainsi, ils sont appelés à se consacrer sans partage au Seigneur et à ses affaires, et à se donner tout entier à Dieu et aux hommes.

 

  1. 7.       LES TROIS DEGRES DE L’ORDRE

 

            D’après LG 28 « le ministère ecclésiastique, institué par Jésus Christ, est exercé dans la diversité des Ordres par ceux que déjà depuis l’antiquité  on appelle évêques, prêtres, diacres. » Dès le début du deuxième siècle existe, et Saint Ignace d’Antioche en est le principal témoin dans ses épîtres, une hiérarchie comprenant trois degrés parfaitement distincts avec un nom approprié à chaque degré. Le sacrement de l’Ordre comprend donc trois degrés : le diaconat, le presbytérat et l’épiscopat. Il est à souligner toutefois que ce ne sont pas trois sacrements différents, mais ils constituent ensemble le sacrement unique de l’Ordre.

            Le diaconat est un sacrement ; sans être certaine de foi, cette thèse est probable pour ne pas dire certaine, à cause de l’enseignement unanime des théologiens. Elle se fonde sur le rite de l’imposition des mains qui, dès les temps apostoliques, est le rite de l’ordination du diacre. Ainsi le caractère sacramentel de l’imposition des mains trouve une confirmation dans le fait que l’imposition des mains qui ordonnait les diacres des Eglises Sub-apostoliques dérivait en droite ligne du rite dont les apôtres se sont servis pour installer le collège des Sept (cf. Ac6,1-6).

            Sur le plan ministériel, le ministère diaconal ne représente pas sacramentellement le Christ en son acte personnel de médiation sacerdotale : le diacre ne représente donc pas la communauté ecclésiale en tant qu’incorporée au Christ Tête de son Corps. Le diacre représente sacramentellement le Christ dans la condescendance humiliée du service de ses frères. Ainsi le diaconat est sacrement de l’effacement  du Christ devant ceux qu’il est venu servir et de l’humble charité de son Eglise dans le service mutuel et missionnaire. Puisqu’il n’est pas en propre ministère sacramentel de la médiation sacerdotale du Christ, le diaconat n’est pas sacramentellement le ministère de l’Eucharistie ni des sacrements où l’Eglise se trouve réellement signifiée et engagée comme son Corps et son Epouse. Ainsi  « sauf le baptême et réserve faite de la distribution du pain et du vin consacrés, les diacres ne confèrent pas de sacrements. »[22]

            Personne ne nie la sacramentalité du presbytérat. Ce sacrement réside avant tout dans le rite qui confère le pouvoir de consacrer le corps et le sang du Sauveur et de remettre les péchés. Par le presbytérat les prêtres sont configurés à la médiation  sacrificielle et sacerdotale du Christ. Comme tel le ministère des prêtres est essentiellement sacramentel. En eux le Christ en personne est à l’œuvre quand ils annoncent la Parole de Dieu, offrent l’Eucharistie et administrent les sacrements, conduisent les brebis que Dieu leur a confiées. Ainsi le ministère presbytéral est tout entier sacramentel et donc livré au ministère des sacrements où Jésus lui-même est aujourd’hui, en eux et par eux, déployant la triple charge de l’enseignement, de la sanctification et de la conduite du peuple de Dieu.

            Le ministère des prêtres est aussi sacerdotal : c’est en ce sacerdoce sacramentel que les prêtres reconnaissent leur identité personnelle. Cette vie est fondée dans la configuration sacramentelle du prêtre ordonné au sacerdoce, au sacrifice et à la médiation du Christ. Bref le ministère presbytéral a  trois caractères fondamentaux : prophétique, sacerdotal et pastoral.

            Contre Dominique SOTO, Bellarmin soutient que la consécration épiscopale est un vrai sacrement. Cette consécration imprime un caractère, puisqu’on ne peut la réitérer, ou tout au moins une extension du caractère sacerdotal.  Elle est également cause de la grâce qu’elle communique, sans aucun doute, à l’évêque, en même temps que le pouvoir de confirmer et d’ordonner.

            Sur le plan ministériel, l’épiscopat s’exerce d’une manière ou d’une autre avec l’aide d’autres ministères : presbytérat, diaconat, etc. Le ministère du Christ Pasteur (Episkopos), du Christ Serviteur (Diakonos), du Christ Médiateur et Prêtre établit celui qui en est chargé en son nom, comme un interlocuteur, un « vis-à-vis » de l’Eglise ; par ailleurs le ministère sacramentel de la médiation du Christ est confié à l’Eglise qui y ordonne certains de ses fidèles ; ceux-ci sont dans l’Eglise, les membres qui la représentent comme Corps et Epouse du Christ. Représenter le Christ en personne, c’est le représenter en tout lui-même et donc représenter l’Eglise. Puisque le ministère épiscopal représente sacramentellement la plénitude de la médiation du Christ, l’Eglise est dans l’évêque, comme elle est dans le Christ.

 

  1. 8.       L’ORDRE ET LES AUTRES SACREMENTS

 

         Dans un style très simple mais assez révélateur, Paul CLAUDEL, parlant du prêtre et des sacrements disait : « quand on a des enfants, il y a un père pour les recevoir dans ses bras, pour les laver avec de l’eau et pour les saler avec du sel. Quand on a faim, il y a quelqu’un pour vous mettre le bon Dieu dans la bouche. Quand on se marie et qu’on se dit « oui » l’un à l’autre, il y a là quelqu’un pour écouter. Quand on a fait quelque chose de vilain, il y a quelqu’un pour  vous gronder et pour vous faire une petite croix sur le front. Et quand on a envie de mourir, il y a quelqu’un pour vous débarrasser de tous ces liens cruels qui voudraient vous retenir[23]. Partant de cette réflexion, l’on peut affirmer qu’il existe un rapport étroit entre le sacrement de l’Ordre et les autres sacrements.

            Selon P.O. n°5, les prêtres sont ministres des sacrements et de l’Eucharistie. En effet, « Dieu qui seul est saint et qui seul sanctifie a voulu prendre des hommes qui soient pour lui comme des compagnons et des aides pour servir avec humilité à l’œuvre  de la sanctification. Celle-ci passe surtout par les sacrements qui en sont comme des moyens. Quant aux hommes choisis par Dieu, ils sont constitués dans l’Eglise par un sacrement spécial (celui de l’Ordre) afin d’assurer l’action sacramentelle par laquelle Jésus en acte de sauver se rend présent et agissant dans le monde. Ils ont pour mission de manifester l’initiative de Dieu dans toute action sacramentelle.

            Dans toutes nos actions liturgiques, celui qui préside l’assemblée a pour mission d’être le sacrement du Christ - Tête ; c’est la raison pour laquelle au cœur de la célébration, il est celui qui prononce au nom du Christ et dans l’Esprit les paroles sacramentelles.

            Jean - Nicolas HERVE affirme que si le rôle essentiel des apôtres  transmis à leurs successeurs, était d’assurer la présence agissante au milieu du peuple de Dieu du Christ rédempteur, mort et ressuscité pour lui, le rôle des sacrements, et principalement de l’Eucharistie, est d’en être le signe et le moyen porteur[24]. Ceci étant, l’eucharistie occupe spécialement une place privilégiée au coté du sacrement de l’Ordre et vice versa.

            Dans cette même perspective, nous reprenons avec intérêt les grandes lignes de l’Exhortation apostolique post synodale du pape Benoît XVI « Sacramentum Caritatis » sur le rapport qui existe entre le sacrement de l’Ordre et l’Eucharistie.

            Le n°23 de ce document affirme bien qu’il existe un lien intrinsèque entre Eucharistie et sacrement de l’Ordre. D’abord, l’Eucharistie a été instituée et fondée en même temps que le sacerdoce de la Nouvelle Alliance par cette parole « faites ceci en mémoire de moi » (Lc 24, 9). Ce lien entre l’Ordre sacré et l’Eucharistie est visible précisément dans la messe présidée par l’évêque ou par le prêtre au nom du Christ –Tête. Ensuite, l’ordination sacerdotale est la condition indispensable pour la célébration valide de l’Eucharistie selon la doctrine de l’Eglise.

            Enfin, dans cette même Eucharistie, le célibat sacerdotal trouve sa référence sûre du fait que le Christ lui-même, prêtre pour l’éternité a vécu sa mission jusqu’au sacrifice de la croix dans l’état de virginité. Le célibat sacerdotal est donc comme signe exprimant le don de soi total et exclusif au Christ qui s’est lui-même donné dans le sacrifice de la croix et dont l’Eucharistie en est le signe sacramentel.

 

IV è PARTIE : QUESTIONS ACTUELLES

 

  1. 1.       ORDINATION SACERDOTALE DES FEMMES ET DES HOMMES MARIES

 

1.1.  De l’ordination des femmes

 

Un autre aspect du sacerdoce qui continue après Vatican II, de nourrir les débats, est le sexe de celui qui peut recevoir ce sacrement.

En effet, des théologiens appuyés par des féministes, soutiennent qu’il ne peut exister d’argument solide pour refuser l’accès aux ordres aux femmes. La Bible nous donne l’exemple de beaucoup de femmes qui étaient dans le groupe des disciples et, elles aussi suivaient le Christ et l’aidaient avec leurs biens. De même parmi les collaborateurs de Paul, il y avait des femmes. L’existence des diaconesses est effective aux premiers siècles de l’Eglise.

Le CIC/83 est clair sur ce point en son canon 1024 : « seul un homme (vir) baptisé reçoit validement l’ordination sacrée ». Déjà en 1976, dans sa déclaration ‛‛Inter Insigniores”, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi attribue une portée normative à la tradition de l’ordination réservée seulement aux hommes (vir) depuis le temps des apôtres. Elle argumente de façon positive avec la ‛‛naturalis similitudo” qui doit exister entre le Christ et son ministre agissant in ‛‛persona Christi”. Il s’agit là d’une élucidation de la doctrine par une analogie de la foi.

Par la suite, en 1994, comme une réaction à la prise de position de l’Eglise Anglicane en faveur de l’ordination des femmes, le pape Jean-Paul II revient pour mettre un terme aux discussions théologiques à ce sujet en milieu catholique. Dans sa Lettre Apostolique ‛‛Ordinatio Sacerdotalis ”, le Pape écrit : « afin qu’il ne subsiste aucun doute sur une question de grande importance qui concerne la constitution divine elle-même de l’Eglise, je déclare, en vertu de ma mission de confirmer mes frères, que l’Eglise n’a en aucune manière le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes et que cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles de l’Eglise… » (O.S. n° 4).

 

1.2.  De l’ordination des hommes mariés et de la députation

 

Nous l’avions dit plus haut, depuis les années 1960, l’Eglise est entrée dans une grave crise de diminution de l’effectif des prêtres et des candidats au sacerdoce. Pour résoudre cette équation, certains théologiens, appuyés par plusieurs communautés en manque de prêtre pour la célébration eucharistique, affirment et soutiennent la possibilité de conférer l’ordination presbytérale aux hommes mariés. D’autres pensent que le sacerdoce baptismal est supérieur au presbytérat. Alors, tout baptisé peut valablement présider à la célébration eucharistique. En effet, pour ceux-ci, le baptême est le sacerdoce universel, le sacrement fondamental qui nous rend disciples et donc imitateurs du Christ en tout ; le presbytérat quant à lui, n’est qu’une députation. Ainsi, tout baptisé peut recevoir cette députation de sa communauté locale. Autrement dit, le pouvoir de réaliser le sacrement de l’Eucharistie n’est pas nécessairement lié à l’ordination sacramentelle.

En réponse à ces réflexions, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans son Instruction ‛‛Sacerdotium  Ministeriale ” (6aout 1983), condamne les théologiens et communautés qui mettent en cause le lien entre sacrement de l’ordre et Eucharistie. Ce dicastère affirme qu’une telle acception « ne peut absolument pas s’accorder avec la foi transmise car ainsi, non seulement, on rejette le pouvoir confié aux prêtres, mais encore on porte atteinte à toute la structure apostolique de l’Eglise et on bouleverse l’économie du salut »[25].

En 1995, une ‘‘Instruction sur  la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres” est publiée par les Congrégations de la Curie Vaticane. Elle est venue à point nommé pour préciser la part et le rôle de chacun des fidèles du Christ, selon son état de vie, dans la mission reçue de Jésus.

 

  1. 2.       LE CELIBAT ET LE MARIAGE DES PRETRES (voir annexe)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CONCLUSION

 

           Notre exposé s’achève. Que conclure ? Il est un fait en effet que plus d’un des manuels que nous avons utilisés concluent toujours en ouvrant la question sur l’avenir. Quel ministère pour demain ? Quelle théologie en effet, quels pasteurs pour une Eglise secouée par toutes les questions que nous avons évoquées en quatrième partie ou par l’attitude de certains de ses ministres même qui semblent ne pas croire au don de Dieu agissant en eux ?

Mais l’assurance est dans la Parole même de Dieu qui promet à son Eglise les pasteurs dont elle a besoin pour toujours. Car, dans le ministère ordonné, c’est l’œuvre du Père qui s’accomplit par Jésus Christ qui fit à l’Eglise le don de l’Esprit, de l’Eucharistie et de son ministère. Et là se trouve en définitive l’ « essence » du sacrement de l’Ordre : donner en la représentant l’œuvre du Père ; signifier en l’accordant le don charismatique de l’Esprit  qui accomplit la sanctification du Corps et de l’Epouse du Christ ; être le sacrement de la mission de Jésus Sauveur, Médiateur, Pasteur et Serviteur du peuple de Dieu.

           Le sacerdoce est donc participation à la mission du Christ, pourvu qu’il soit dans le monde d’aujourd’hui un signe vraiment sacramentel du visage du Ressuscité. Pour finir nous laissons un prêtre parler : «  Le prêtre est appelé à être un homme de Dieu. C’est lui qui transformera une communauté. Ce dont nous sommes sûrs, c’est que nous avons la spiritualité de notre théologie: il est bon de se replonger sans cesse dans cette spiritualité pour vérifier tout simplement si nous sommes bien les serviteurs dont l’Eglise a besoin aujourd’hui » (P.CHAUVET, op. cit., 86).

 

Par un groupe d'étudiants en théologie

Grand séminaire Jean Paul II de Lomé



[1] Cf.Gn.12,8

[2] Les grandes idées de ce passage sont tirées de VTB

[3]  Décret « Orientalium Ecclesiam » sur les Eglises Orientales Catholiques (1964) ; Décret « Christus Dominus » sur la charge des évêques (1965) ; Décret « Perfectae Caritatis » sur la vie religieuse (1965) ; Décret « Optatam Totius » sur la formation des prêtres (1965).

[4]  René LAURENTIN, Bilan du  Concile. Histoire. Texte. Commentaires, Seuil, Paris, 1966.

    et   Gustave  MARTELET, les idées maîtresses du Vatican II, Initiation à l’esprit du  Concile, Cerf, Paris, 1985.

[5]  Les Evêques en vertu d’une institution divine ont pris par succession la place des apôtres. Ils possèdent selon les propos de TERTULLIEN, «  la bouture provenant de la semence apostolique ». Comme pasteurs de l’Eglise, celui qui les écoute, écoute le Christ mais celui qui les méprise, méprise le Christ et celui qui a envoyé le Christ (cf. Lc 10, 16, voir aussi    DH 4144).

[6]  Cette vérité dogmatique reçut son expression liturgique dans le nouveau rituel d’ordination aux trois ordres sacrés, promulgué par Paul VI le 18 juin 1968 ( Voir Constitutio Apostlica « Pontificalis Romani recognitio » pp 369-373)

[7]  Selon CLEMENT  DE  ROME, les Evêques sont les pasteurs du troupeau en tant que maîtres pour l’enseignement, prêtres pour le culte sacré, ministres pour le  gouvernement.(DH 4144 )

[8] Le Concile lève ici une hésitation théologique. Pierre LOMBARD avait opiné que l’Episcopat était supérieur au Presbyterat au niveau du pouvoir du gouvernement (relatif au service de l’Eglise) mais il ne différerait pas de lui au niveau du degré de l’Ordre (relatif au ministère sacramentel de l’Eucharistie). Le moyen âge latin en concluait que la consécration épiscopale n’était pas formellement sacramentelle.

[9] Selon LAURENTIN, les Evêques ne tiennent pas leur pouvoir du pape par l’institution canonique mais d’abord et radicalement de leur consécration épiscopale. Si l’épiscopat est le degré suprême du sacrement de l’Ordre, il en résulte que l’Evêque  est supérieur au prêtre qui n’apparaît plus comme la réalisation type du sacerdoce ; et que le pape n’est pas supérieur aux évêques sur le plan sacramentel, mais seulement au plan de la juridiction ( pp 222-225).

[10] Gustave MARTELET (p.  55)

[11] « Si  le spécifique du presbytérat consiste en cette participation à l’ordre apostolique  et son ministère hiérarchique, cela ne supprime pas, pour ceux qui exercent, l’exercice du sacerdoce commun des fidèles… Le sacrement de l’ordre présuppose les sacrements de l’initiation chrétienne. Le prêtre doit être d’abord un baptisé, un confirmé, un fidèle, membre du Corps mystique. Ces qualités ne sont pas altérées par la consécration au ministère et par la mission qui en résulte. Le prêtre ne perd pas la condition fondamentale qui lui est commune avec les laïcs…Si PO insiste sur le rôle paternel du prêtre, il ne l’arrache pas à la condition fraternelle qui demeure à la base (PO 9 § 1)… Le ministère du prêtre est intérieur au peuple de Dieu ; il en est un élément différencié, mais organique » (cf. René LAURENTIN, p. 253).

[12] Cf. Conc. Vat. II, Presbyterorum Ordinis.

[13] Cf. Documentation Catholique n° 1617 d’octobre 1972.

[14] Cf. ibidem

[15] Cf. www.bibliaclerus.org/

[16] Cf. Encyclopédie Théo, Ed. Droguet & Ardant / Fayard,  p. 1191.

[17] Cf. Documentation Catholique de juillet 1988.

[18] Les grandes idées de ce passage sont tirées du cours inédit de Sacramentaire au Grand Séminaire d’Anyama (RCI), cours de Antoine KOME, le sacerdoce chrétien, 2002-2003, pp 49-53.

[19] Cf. DH. 3861

[20] Catéchisme de l’Eglise Catholique, Ed Mame / Plon, 1992.

[21] CEC N°1577

[22] G.PHILIPS, l’Eglise et son mystère au deuxième Concile du Vatican, Paris, 1967, P.380

sans exclure le mariage , il est à noter que assister au nom de l’Eglise au mariage et le bénir n’est pas un geste proprement sacramentel. 

[23] Paul  TOINET, L’ordre sacerdotal et l’avenir de l’homme, Paris, 1981.

[24]  Jean - Nicolas  HERVE, Synthèse dogmatique, n°974, p. 1035.

[25] Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Ed. du Cerf, Paris, 2001, n° 4720 – 4723.

BIBLIOGRAPHIE

 

1- Bible TOB, éd. intégrale, Cerf, Paris, 1994

2- Concile Oecuménique Vatican II, Centurion, Paris, 1967

3- Catéchisme de l’Eglise Catholique, Mame- Plon, Paris, 1992

4- Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Cerf, Paris, 2001

5- Xavier  LEON DUFOUR ( collectif), Vocabulaire de Théologie Biblique, 11è éd., Cerf,  Paris, 2005

6- A. VACANT et E. MAGENOT, Dictionnaire de Théologie Catholique, Tome XI è,  éd. Letouzey et Ané, Paris VI, 1992

7- G- MATTHON et G.H BAUDRY, Catholicisme hier, aujourd’hui, demain, Tome XIII, éd. Letouzey et Ané, Paris VI, 1993

8- Gustave MARTELET, Les idées maîtresses de Vatican II, Cerf, Paris, 1985

9- René LAURENTIN, Bilan du Concile, Histoire, Textes, Commentaires, Seuil, Paris, 1966

10- Paul TOINET, L’Ordre sacerdotal  et l’avenir de l’homme, éd. FAC, Paris, 1981

11-Jean- Hervé NICOLAS, Synthèse dogmatique. De la Trinité à la Trinité, éd.            Beauchesne, Paris, 1986

12- A- M HENRY, op. et alii, Initiation théologique, tome IV, Cerf, Paris, 1954

13- A. FEUILLET, Le sacerdoce du Christ et de ses ministres, Paris, 1972

14- Thurian MAX, Sacerdoce et Ministère, Presses de Taizé, 1970

15- Michel MOUNIER- Bernard TORDI, Les Prêtres… tout simplement, éd. De l’Atelier, Paris, 1994

16- Ludwig OTT, Le Sacrement de l’Ordre, Cerf, Paris, 1971

 



05/03/2011
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